Belle à craquer ! (atelier n°4)

Participation de Marisa

pommes main enfant

Croquer cette pomme,
Comme la vie
Fruit de la terre gorgée,
elle nourrit
Sa peau aussi fine que la tienne
S’embellit aux rayons du soleil
Elle se colore et s’affiche
Tentation aux sensuelles rondeurs

Si d’aventure des yeux avides
se posaient,
Attirés par sa beauté gustative
Alors que bien juchée
A l’abri des regards se croyant,
une nuée virevoltante s’approche
au loin, attirée par ce butin alléchant

« on ne savait rien des oiseaux affolés »
Jusqu’à cet instant fatidique
Où plongeant becs pointés
Telle une armée, sur leurs proies pectiques
Juste Récompense,
de ces voyageurs fatigués

Bichromie

Participation de Marisa

arbre solitaire Seul dans cette immensité, je me sentais perdu, personne à qui parler seulement chapeauté par l’azur nuageux et menaçant.
Le vent ne suffisait pas à me rassurer malgré le bercement généré dans mes feuillages.
Tous mes frères étaient partis, mutilés et arrachés par ces hommes soit disant proches de la nature.
Le tableau enchanteur n’est plus, une place verdoyante rase et nette l’a remplacé. Retirer ce que la mère terre avait mis tant de temps à porter et faire éclore, pour le simple amusement de tous ces êtres futiles qui ne pensent qu’à faire entrer des boules dans des trous…
Quelle désolation, l’oxygène me manque, mes racines n’enlaceront plus rien et ne créeront plus de liens. Toute communication avec mes congénères est coupée, le seul espoir qu’il me reste est de voir de petites pousses émerger de ma terre car je sais que la nature reprend ses droits ; il me faut juste patienter, j’ai toute l’éternité sauf à être déraciné prématurément.
Hé, mon ami le vent, veux-tu transporter le murmure de ma tristesse à mes amis lointains ?
Peux-tu leur dire ma désolation et ma solitude pour qu’ils me transmettent force et courage ?
La nuit va bientôt tomber, avec elle le calme retrouvé. Je recevrai bientôt la visite amicale des lapins, accueillant les oiseaux pour leur concert nocturne quotidien qui réchauffe tant mon cœur.
Avec un peu de chance, les nuages se disperseront permettant à la lune escortée de milliers d’étoiles de peindre un tableau d’Orient.
Et puis, les heures défileront jusqu’à l’aube naissante où mon ami le soleil répandra sa lumière bienfaisante. Il réchauffera mon cœur et ma peau craquelée.
Un jour nouveau poindra semblable au précédent… pour l’instant du moins….

Mon frère (atelier n°1)

Participation de Marisa

 

jeux enfants fontaine mainsT’en souviens-tu ô mon cher frère ?
Main dans la main sous une myriade de perles de pluie, nous jouions dans cette étendue mouillée presque seuls au monde.
Je ne te quittais pas des yeux et t’entourais d’une bienveillante sécurité.
Pourtant parfois, tu aurais bien laissé choir cette chaine fraternelle pour courir vers l’inconnu, mais tu savais que tu n’étais pas prêt, pas encore.
Courant prudemment, nous sautions dans les flaques essayant d’obturer de nos pieds les jets d’eau jaillissants du sol jusqu’à provoquer un éclaboussement spectaculaire qui inondait notre peau ébène.
Quelle merveille, nous étions libres, sans entrave vestimentaire, juste sous le regard fier de nos parents bienveillants. C’était avant….
Nous prenions toutefois garde à ne pas glisser ou trébucher sur ces embûches que la destinée pose sur nos chemins.
L’insouciance de l’enfance est bien loin maintenant et je ne tiens plus ta frêle petite main.
Cette complicité, ce lien du sang t’en souviens-tu encore, toi devenu grand ?
Un beau jour tu as pris ton envol, comme on prend la vie à bras le corps et je t’ai subitement perdu de vue comme lorsque nous jouions à cache-cache.
T’en souviens-tu mon frère ?
Tu voulais t’engager pour une cause juste, guidé par une foi inébranlable, Dieu te l’intimait !
Trop confiant en la parole des hommes, tu ne voyais pas qu’ils mentaient, utilisant des bonnes paroles pour distiller leur venin éhonté.
Toi, trop gentil, pas assez fort, juste sorti de l’enfance, tu rêvais de royaume et de grandeur.
Ils t’ont mené où ils voulaient et ta naïveté leur a servi, faisant de toi un meurtrier apatride et sans foyer.
Ces souvenirs d’enfance me sautaient au visage et à la gorge, mes mots étranglés de n’avoir pu sortir pour te dire de rester, de ne pas t’enfuir.
Je reste là, devant cette horreur que les médias diffusent sans vergogne et qui, sous couvert de l’information, se font, misérables, les porte-paroles de criminels et d’extrémistes anonymes.
J’aurais voulu crier : « Pourquoi tant de haine et d’intolérance ? ».
Mes yeux s’embrument mais aucun son ne sort de ma bouche. A quoi bon !
Je ferme les yeux, il me semble entendre ton rire…
Soudain je sens tout mon corps se remplir de compassion pour le genre humain et je formule secrètement un vœu : «  A mes frères, voici mon amour inconditionnel, je vous l’envoie, qu’il vole jusqu’à vous pour former un halo protecteur et aimant afin de changer cette haine et cette peur qui vous habitent, en amour et en tolérance pour votre prochain. »