Atelier n°4

pommes main enfant

 

Voici la photo que je vous propose ce mois-ci, en souhaitant qu’elle vous plaise et vous lance sur l’écriture – j’essaye de diversifier les thèmes, mais dites-moi vos préférences peut-être ? Pour ceux qui ne seraient pas inspirés (ça arrive souvent ces choses, je le crains), vous pourrez débuter votre texte par les mots du challenge.
Je vous rappelle les règles :

Contrainte : A partir de cette photo, toute personne qui le souhaite peut écrire un texte, trois mots, son histoire. Pensez à lui donner un titre et à me transmettre le nom ou le pseudo que vous souhaitez voir apparaître en ligne (si je ne vous connais pas encore).

Challenge n°2 (facultatif) : Insérez dans votre texte la phrase « on ne savait rien des oiseaux affolés » (Oui ? Aucun rapport avec la photo ? C’est vrai 🙂 )

Date : Vous avez jusqu’au 31 mai pour participer – si vous dépassez la date, vous serez simplement en décalage par rapport au thème suivant qui sera donné le 1er juin.

Transmission de vos textes : Par mail ou en me laissant un commentaire pour signaler la parution sur votre blog. Vous pouvez également lire l’à-propos. Pensez à ajouter le nom et le blog de l’auteur de la photo sur votre blog, s’il vous plait – celle-ci est de moi.

Discussion : à la suite des textes posés, vous pourrez discuter avec l’auteur. Un mot, même petit, donne envie de continuer d’écrire alors participez, commentez, faites vivre les textes une seconde fois !

A bientôt de vous lire:)

Publicités

Conter fleurette

Participation de Adrienne :

enfant-main-fleurs

 

Il n’avait pas eu besoin d’entendre la chanson de Pierre Perret pour en avoir l’idée : chaque fois qu’il avait fait une bêtise – déchiré sa chemise aux barbelés, troué son pantalon en faisant du toboggan sur des troncs râpeux, perdu une chaussure dans la boue du ruisseau – il revenait une petite fleur à la main.

Avec la manie de sa mère, ça ne ratait jamais: elle oubliait de gronder pour donner une leçon de botanique :

– Oh! s’écria-t-elle ce jour-là, quelle jolie pulmonaire!

Il était temps qu’il grandisse: bientôt il aurait épuisé toute la flore locale.

Nouvel atelier d’écriture, les Todolistes

J’ai en projet de vous faire travailler sur un atelier d’écriture différent qui m’a enchantée, dès que nous aurons réuni un bon nombre de photos et pour cela nous aurons besoin de plusieurs participants (plus que quatre, si vous me suivez ^^). Christine Jeanney m’a très gentiment donné son accord et les directives exactes de la manière dont se déroule cet atelier (cliquez sur le lien, vous aurez une idée plus précise de ce bel exercice).

Les contraintes d’écriture des Todolistes sont/seraient
– une photo donnée par le hasard ou par quelqu’un (qui n’est pas soi)
– 4 occurrences/portions de phrases qui commencent le plus souvent avec un verbe à l’infinitif, à la manière d’une liste de choses à faire (une todoliste) et en général sans majuscule ni point
– pas de contraintes de taille, chaque occurrence pouvant se limiter à trois mots ou courir sur trois pages
Pour s’aider : on peut réfléchir à où se placer « par rapport à/dans/à côté de » l’image qui peut donner des pistes et aider à la création.

Pour cela, j’ai besoin que chaque personne participante m’envoie une photo (qui soit de vous, sujet libre sauf pornographie, incitation à la violence, etc.), qui sera redistribuée aléatoirement. Vous m’enverrez ensuite de la manière habituelle (par mail) vos todolistes, et je posterai le résultat final avec toutes les todolistes sur le même article.

Je ne fixe pas vraiment de limite de temps (disons le mois de mai ?), mais bien sûr plus vite j’ai les photos, plus vite se fera l’atelier. Vous pouvez me préciser en commentaire si vous souhaitez participer et m’envoyer la photo un peu plus tard, cela me donnerait déjà une idée du nombre que nous serons.

J’espère que l’idée vous plaira, je vous attends 🙂
Dame Ambre

 

 

Edit :
Liste des personnes participantes (par facilité et transparence, vous aurez la photo de la personne inscrite juste avant vous. Lia écrira donc sur une photo de moi, et j’aurai la photo de la dernière personne inscrite)

. Dame Ambre, photo reçue
. Lia, photo reçue
. Adrienne, photo reçue
. Lizly, photo reçue
. Rain, photo reçue
. Roasted Bean (en questionnement) (Édit : pas reçu)
. Céline, photo reçue
. Tuliquoi, photo reçue

Edit 2 :
Fin de réception des photos, j’ai envoyé à chacun la photo qui lui revenait. Vous avez deux semaines pour écrire, je posterai vos To Do List le 8 juin ! Amusez-vous bien 🙂

Fin de l’atelier n°3

Le troisième atelier prend fin aujourd’hui. Si comme moi vous êtes en retard, ou que vous souhaitez participer plus tard, n’hésitez pas à m’envoyer vos textes quand vous le souhaitez, que j’ajouterai au fur et à mesure.

enfant-main-fleurs

Participation du mois d’avril :

. Conter fleurette, par Adrienne
. Le cadeau, par Georgia
Sur un de ces fameux bancs, par Lizly
. Bonbons à la violette, par Marie Topic
. Un fil, ce fil d’idées, par Roasted Bean

 

Je vous remercie beaucoup de vos textes 🙂 La photo semble avoir inspiré moins de personnes que les précédentes, je crains de ne faire surtout des photos rapprochées et détaillées, peut-être un petit peu trop fermées dans les possibilités d’écriture du coup ? Dites-moi si vous avez des remarques, ou des attentes. Les photos peuvent être proposées par vous, n’hésitez pas (sous réserve qu’elles ne soient pas pornographiques ou d’incitation à la violence, etc.).
Demain je posterai un nouveau challenge et donc une quatrième photo. Dans le même temps, je vais vous parler d’un projet d’atelier d’écriture que j’ai très envie de faire avec vous !

Doux we à vous,
Dame Ambre

 

Le cadeau

Participation de Georgia :

enfant-main-fleurs

 

Quand nous nous promenons main dans la main, mon cœur,

Mon amour, mon petit, ma beauté, ma douceur,

Je reçois de tes yeux le plus beau des cadeaux :

Percevoir l’univers comme un monde nouveau.

Tu vois et tu écoutes, tu cries ta découverte,

Un oiseau ! Une fleur ! Une bestiole verte !

Avec toi je renais à l’émerveillement,

Je n’économise plus mon étonnement,

J’observe la beauté du monde qui m’entoure,

Je hulule et je vis, je rigole et je cours.

Un fil, ce fil d’idées

Participation de Roasted Bean

enfant-main-fleurs

Au fil des années, il ne sut plus ce qu’était le bonheur. Au fil des années, le bonheur n’était pour lui que brise éphémère embrassant le visage le soir, ou au beau matin. Au fil des années, il sut que le bonheur, certes existait, mais que la vie pour lui n’était pas faite pour partir à sa quête : son destin était tracé, telles ces marques de sang qu’il se rappelait chaque instant.

En lui, le bonheur se vidait à la vitesse de la munition qui ôtait l’âme de son innocente famille. En lui, naissait cette braise incandescente de revanche qu’il jura ne pas montrer aux autres, car chacun montre ce qu’il est, et ce que son cœur renferme. En lui, virevoltaient les souvenirs éparpillés comme les ruines de sa maison, des souvenirs tendres tachés de haine à présent, des souvenirs de désespoir devenant motivation et volonté, des souvenirs de colère devenant source de bien-être, et des souvenirs d’injustice devenant réconfort, comme le souvenir de ce chat, emmitouflé dans un haillon au milieu des ruines.

Au milieu des ruines, un champ de bataille toujours vivace des esprits qui persévèrent et qui se confessent les uns aux autres. Au milieu des ruines, une ruine nouvelle des anciennes familles et anciens nouveau-nés. Au milieu des ruines ce chien venant de nulle part, queue remuante, signe d’espoir naissant en ce peuple qui n’est plus que grains de sable au gré du vent. Au milieu de cette toile fataliste que peint la haine humaine, se dressent ces petites fleurs violettes, symbole de la fin tragique mais apaisante de ce périple qu’on appelle la vie : Elle donne tout ce qui est beau, en échange de ceux qui profitent de cette beauté. Elle trace toutefois le sentier vers l’Inconnu, c’était ce refuge qu’elle offrait.

C’était ce refuge qu’elle offrait, un Inconnu qu’on a hâte de découvrir
Une autre vie ? Un royaume ? Ou bien le noir ?
Comme vous, les petites fleurs commencent à vieillir
Entre-temps, vivez-bien et gardez espoir.

Bonbons à la violette

Participation de Marie Topic

 

enfant-main-fleursL’enfante arrive vers moi, du fond du jardin. Neufs violettes, c’est le cadeau qu’elle m’offre. Je n’ai jamais aimé dire «mon» enfant en parlant d’elle. Elle ne m’appartient pas. Elle est une fille que la nature m’a confiée sans vraiment me demander mon avis. Je la regarde s’avancer, pleine de vie, avec son printemps au bout des doigts. Du plus profond de mon cœur, montent des larmes que je parviens à maintenir au coin de l’œil. Je revêts mon sourire le plus assuré, puisé dans le théâtre des parents. Il me faut accueillir son destin qui bourgeonne.

Un clignement de paupières, et j’entends l’orage qui ondule dans la plaine, il y a sept sans déjà. Dans ce grand lit, drapé de gris doux, ma peau est collée à celle de l’homme. La chambre louée est richement décorée. L’orage roule sans fin comme si jamais nos corps ne cesseraient de s’aimer. Il fait moite sur l’oreiller, mon chant exulte et, je crois que,  à cet instant, l’enfante a fait son nid.

Bientôt nos chemins vont se quitter. Je n’ai pas encore trouvé les mots pour le lui dire. Je voudrais la protéger. Je désirais que jamais elle ne souffre des départs, des douleurs et des maux des corps. Je cherche le bon mot. Il n’arrive jamais. Je veux lui offrir la sérénité et toutes les paroles prononcées, qu’elles soient extraites des manuels ou du fond de mon cœur, briseront la quiétude de sa vie. J’aimerais qu’elle fut un cygne aux plumes protectrices sur lesquelles glisse sur l’émoi.

La vie m’a appris que les craquelures permettent à l’âme de s’étoffer, un peu comme lorsqu’on coupe aux bébés leurs cheveux blonds pour qu’ils épaississent. Mais moi, je n’ai jamais eu le courage de couper les boucles. J’ai toujours préférer laisser le temps se faire. L’enfante ne savait pas que ses anglaises ravissaient les yeux des grandes personnes. Mais, elle savait mettre à profit l’hébétude des anciens pour adoucir ses doléances enfantines. Chaque fois, ma grand-mère lui donnait des bonbons à la violette, c’était un refuge qu’elle offrait à l’enfante. Mais ma bonbonnière héritée est cassée. Et vide. Alors, je lui tends la main.

Sur un de ces fameux bancs

Participation de Lizly :

enfant-main-fleurs

Le métal du banc était devenu froid au fur et à mesure que la journée se retirait. Elle le sent à peine, comme si cette froideur du corps touchait quelqu’un d’autre. Elle n’est pas concernée par la raideur qui ferme ses jambes, la torpeur qui étreint son torse, la prostration glacée qui pèse le long de ses bras. Pas plus que par le chagrin mouillé dont pleut son visage, le vacillement spasmodique de sa mâchoire. Elle n’est plus là.

Le ciel garde encore une molle clarté lambinante. Les passants se font rares. La circulation s’est temporisée.

– Tu as mal ?

Depuis combien de temps la fillette est-elle assise là ? Aucune idée.

– Dis, tu as mal ?

Elle porte un pull blanc zippé sur le devant et elle pose sa question avec tout le sérieux que peut renfermer un visage maquillé d’une paire d’ailes de papillon asymétriques.

– C’est là que tu as mal ? persiste-t-elle en appuyant un index prospecteur sur un gros grain de beauté marquant son épaule.

– Non.

– Là ?

– Non plus.

– Là alors ?

– Non.

– T’as mal où alors ?

Nul part. Partout. – J’ai pas mal. Laisse moi. Rentre chez toi, il est tard pour trainer seule dans la rue.

– Moi j’ai mal là, complète la môme en désignant une égratignure sur le dos de sa main. Mais je pleure pas. Tu as de la tristesse ?

Tellement. Chaque molécule de mon corps est triste. Si on le réduisait à feu doux, il resterait un concentrée de tristesse pure. – Je pleure pas non plus.

– Ah bon ?

– Non, ce sont mes yeux qui pleurent.

– Pourquoi ?

– Parce qu’ils sont stupides.

La fillette se penche, observe ses yeux en fronçant les siens.

– Ils n’ont pas l’air stupides, analyse-t-elle. Ils ont fait quoi ?

– Ils ont vu un mec. Et ils ont appelé le creux des reins. « Eh, t’as vu ? » Alors lui, il a eu un coup de chaud. Du coup, il a sonné la bouche qui a débité des bétises. Mais les yeux, ils se sont laissés influencées par ces gourdes d’oreilles qui en entendaient d’autres, des sornettes. Et à eux quatre, ils sont allé réveiller le cœur qui avait pas demandé à ce qu’on le dérange.

– Et à la fin, le loup l’a mangé ?

– Qui donc ?

– Le serpent à sornette qui fait pleurer tes yeux stupides ?

– Non. C’est une histoire amorale. Dis, t’as pas de chez toi ?

– Pourquoi tu changes de sujet ?

– Parce que j’ai la sensation que dans quelques minutes, tu vas me parler d’un mouton et d’une rose et que je ne suis pas sûre d’être prête pour ça.

La fillette se lève. Dans la grande jardinière publique, elle coupe d’un coup d’ongle une tige parée d’une guirlande de petites fleurs.

– Tiens, la main, dit-elle la glissant entre les doigts gourds posés contre sa cuisse. C’est de ma part pour les yeux. S’il te plait, demande à la bouche de leur dire qu’ils ne sont pas si stupides et au cœur qu’il pouvait pas savoir. Que le serpent a inventé une belle histoire et que ce qui était séduisant, c’était ce refuge qu’elle offrait. Maintenant, la main, dit aux pieds qu’il est temps de rentrer, qu’il est tard pour trainer seuls dans la rue.

Un bref silence s’ensuit.

– Je me suis trompée.

– A propos de tes yeux ?

– Non, de ton visage. Tu n’es pas maquillée en papillon. Ces ailes, ce sont bien les tiennes et tu es une fée.

Atelier n°2 : Virage à droite

Participation de Lizly

arbre solitaire

Elle sert les genoux et son petit hongre cède son mauvais trot heurté à l’amble fluide qui l’avait faite tomber en amour pour la race. Sur sa droite, une diagonale d’herbe jeune barre un ciel de giboulées d’une nette ligne d’horizon quasi-printanière. Sur sa gauche, le soleil de fin de journée étend leur ombre d’allures grotesques.

D’un appel de langue, elle encourage son doux brun à ne pas ralentir l’allure dans la cote. Il rentre d’abord le nez dans son encolure massive puis rallonge sa foulée. Un peu en avant d’eux, l’Arbre se dresse. Leur chemin s’en écarte un peu en aval et s’ils croisent quotidiennement ses branches, sa sève, son air bancal, c’est toujours à distance.

Elle rentre du travail à cheval comme d’autres prennent leur voiture ou en bus. Dès son entretien d’embauche, quand elle a vu l’enclos à l’entrée de la ville, à deux pas des bureaux, elle a compris que ses problèmes de transports étaient réglés. Ainsi, cinq jours par semaine, elle laisse l’Arbre, à main gauche le matin, main droite le soir, sans le remarquer plus que ça. Elle a en tête ses dossiers, la réunion de 10 heures, la liste des coups de téléphone à passer, les mails à envoyer avant midi et ceux qui peuvent être reportés à l’après-midi mais dont il faut s’occuper aujourd’hui sans faute, son tailleur pantalon savamment plié dans un sac hermétique et calé dans une sacoche de selle.

D’ordinaire, le dialogue de ses gestes et sa monture se construit sans passer, presque, par ses réflexions. Ils se connaissent par cœur, le chemin sans surprise se déroule hors des pistes. Mais ce soir, le vent ne suffit pas à la couper de ce qui l’entoure. La saison naissante, les pousses neuves, le ton sur ton de bleu du ciel, peut-être. L’odeur de crins mêlée de paille, le souffle rond, le chant des sabots, ou alors. Elle ferme les doigts et son hongre reprend le pas. Elle observe l’Arbre. Elle le voit chaque jour deux fois mais ne l’a jamais regardé. Elle n’y connait rien en arbre, à peine les noms des espèces les plus courantes, quelques notions sur les feuilles qui tombent et les aiguilles qui…euh… aiguillent ? Mais il est là. Jour après jour, vigie.

Ou sirène.

– Dis, brun, quand est-ce qu’on a oublié l’essentiel ? demande-t-elle à voix haute.

« Aller voir ce qui se passe derrière les choses, les lignes de crêtes et les arbres solitaires, toujours », complète-t-elle pour elle-même, rênes à une main, virage à droite.

Atelier n°3

enfant-main-fleurs

 

Voici la photo que je vous propose ce mois-ci. Pour ceux qui ne seraient pas inspirés (ça arrive), vous pourrez débuter votre texte par les mots du  challenge.
Je vous rappelle les règles du jeu :

Contrainte : A partir de cette photo, toute personne qui le souhaite peut écrire un texte, trois mots, son histoire. Pensez à lui donner un titre et à me transmettre le nom ou le pseudo que vous souhaitez voir apparaître en ligne.

Challenge n°2 (facultatif) : Insérez dans votre texte la phrase « C’était ce refuge qu’elle offrait « .

Date : Vous avez jusqu’au 30 avril pour participer – si vous dépassez la date, vous serez simplement en décalage par rapport au thème suivant qui sera donné le 1er mai.

Transmission de vos textes : Par mail ou en me laissant un commentaire pour signaler la parution sur votre blog. Vous pouvez également lire l’à-propos. Pensez à ajouter le nom et le blog de l’auteur de la photo sur votre blog, s’il vous plait – celle-ci est de moi.

Discussion : à la suite des textes posés, vous pourrez discuter avec l’auteur. Un mot, même petit, donne envie de continuer d’écrire alors participez, commentez, faites vivre les textes une seconde fois !

A bientôt de vous lire 🙂