Layla (atelier n°5)

Participation de Roasted Bean

cheval-atelier-ecriture

 
Voici Layla, belle étoile au fond de la nuit
Une créature magnifique, qui brille et qui luit,
Elle est peut-être vivante, peut-être a-t-elle un cœur,
Tout ce que je sais, c’est que Layla est une fleur.

Layla, bonjour au beau matin, au moment où j’échappe,
Où j’échappe au temps, à la routine qui me rattrapent,
Où j’échappe vers ton paysage parsemés de petites fleurs,
Qui vivifie la vie avec ses couleurs, ses senteurs.

Layla, lilas peut-être, jonquille ou bouton d’or
Je ne te regarde que toi au bon matin, aux aurores,
A l’horizon, au moment où la lumière s’étend
Où la brise valse au gré des quatre vents

Layla, as-tu soif ? Viens que je t’arrose
Le soleil tape-t-il fort ? Parle, petite rose
Petite rose pâlit, ses pétales sont diaphanes
Elle meurt petit à petit, petite rose se fane.

Layla se consume comme d’antan les autres fleurs
Elle est maintenant partout, ici ou ailleurs
Place aux obsèques de Layla, les funérailles sereines
Où Layla au fond de son tombeau est reine.

Layla, qui repose au fond des cœurs, bonsoir
Ton ascension, ta dispersion, vers le néant du soir
Me chagrinent, m’apaisent et m’emplissent d’espoir
En me détruisant à l’idée du dernier au revoir.

Layla, toi qui me manque déjà, l’heure va sonner
Pour que je vienne te rejoindre, promis
Sur notre tombe, il restera en suspens une fleur de lys
Et autour, ton jardin de fleurs que tu as toujours affectionné.

Ceci est une lettre que j’écris à Layla,
Calligraphiée dans la beauté de la nature
Dans le galop d’un cheval, dans l’odeur fraîche de l’air pure
Et dans le champ, les plaines aux petites fleurs çà et là.

Des saveurs et des plumes (Atelier n°4)

Participation de Roasted Bean :

pommes main enfant

Petite pomme, mûrira et sera cueillie,
Accueillie dans son panier auprès des siens
Rencontrera des amis de tous les pays
Seront ensemble unis par ce délicieux destin

La poire est à l’honneur, puis l’orange, puis la poêle
Caramélisez votre sucre, si brillant comme les étoiles
Mélangez votre trésor jusqu’à transformation
Et préparez-vous à la préparation

La farine d’abord, puis les œufs, puis la levure
Et tous les ingrédients pour faire une pâte
Je tends à oublier, ma mémoire est toute usure
L’important, c’est que je déguste, je m’éclate

Ensuite, après la pâte, place à la concoction
Émincez les tranches de pomme et de poire
Mélangez le jus d’orange, un brin de vanille et d’espoir
Avec d’autres merveilles et versez dans un récipient

Prenez un grand moule et étalez-la avec amour
Elle aura du lever pour prendre du volume
Caressez de jaune d’œuf, avec un pinceau, une plume
Enfin versez le bonheur dans le creux et décorez le pourtour

Voilà une tarte aux pommes quelque peu réussie
Vous devrez vous occuper le temps qu’elle refroidisse
Cela dit, vous devez être épuisés, reposez-vous aussi
Quelques minutes avant de savourer les délices

Il me semble que le délice s’est envolé
Avec les bestioles qui l’ont volé
Loin de la tarte qui reposait au volet
On ne savait rien des oiseaux affolés

On ne savait rien des oiseaux affolés
Qui guettaient les fenêtres pour quelque repas
Ni ceux qui fonçaient, le bec en premier
Sur les vitres qu’ils ne distinguaient pas.

Belle à craquer ! (atelier n°4)

Participation de Marisa

pommes main enfant

Croquer cette pomme,
Comme la vie
Fruit de la terre gorgée,
elle nourrit
Sa peau aussi fine que la tienne
S’embellit aux rayons du soleil
Elle se colore et s’affiche
Tentation aux sensuelles rondeurs

Si d’aventure des yeux avides
se posaient,
Attirés par sa beauté gustative
Alors que bien juchée
A l’abri des regards se croyant,
une nuée virevoltante s’approche
au loin, attirée par ce butin alléchant

« on ne savait rien des oiseaux affolés »
Jusqu’à cet instant fatidique
Où plongeant becs pointés
Telle une armée, sur leurs proies pectiques
Juste Récompense,
de ces voyageurs fatigués

Les Todolists, 1

Voici donc venu le temps de la publication de vos textes, qui a pris un peu de retard pour certains 🙂 Je vous remercie encore beaucoup pour vos participations. Je trouve l’exercice intéressant pour ce qu’il va chercher en profondeur, plus loin que la photo elle-même. Le décalage est touchant.

Les explications concernant le principe de l’exercice des ToDoList de Christine Jeanney  est sur cette page. J’ai lié vos noms sur les photos, pour conserver le droit d’auteur des images.

 

photo todolist lia adrienne

– annoncer aux parents qu’on voudrait étudier la sinologie et voir leur manque d’enthousiasme pour cette idée bizarre.
– deux ans plus tard, les quitter pour effectuer un stage de longue durée en Chine et leur montrer comment surmonter le syndrome du nid vite en utilisant skype.
– revenir de Chine avec une fiancée de là-bas et des projets plein la tête pour une installation définitive dans la vie trépidante de Shanghai.
– entendre ses parents dire que n’est pas si loin que ça, la Chine, finalement, et qu’il se débrouille très bien, là-bas, tout compte fait.
 

Adrienne

Fae rain celine

– se dorer la pilule
– boire à la paille
– imiter les pétales au vent
– repasser un pare-brise

 

Céline

todolist tulisquoi ambre

– jouer les couleurs, se souvenir de ce qui meurt, apporter la lumière sur les fissures
– tenir les fenêtres, repeindre le ciel
– penser à sauter, rester suspendue dans l’air, disparaître dans le vent
– dépasser les murs détruits, penser à m’échapper, écrire sans se gaspiller

Dame Ambre

photo todolist ambre lia

– Planter les clous de support des feux de l’imagination
– Planter la lumière dans les ténèbres de l’incrédulité
– Planter la craie sur le tableau de la créativité
– Planter tout et prendre le vol de 13h30 vers l’imaginaire.

Lia

Brussel adrienne lizly
– Briquer les cuivres jusqu’à y voir tête six pieds de long pif à la Jacquouille miroir déforme, gondole, insister sur les embouchures
– Battre le pavé à lui en faire mal, semelles de bois contre petits bouts de briquettes polis à la nonchalance des traines savates et/ou des rêveurs
– Chapeauter (casquer ? képiter ?) les débraillés musicaux avec visières et paratonnerres
– Fanfaronner majesticieusement (départ 14h30)

Lizly

122025 lizly Rain

– Faire un planning ;
– Procrastiner ;
– Paniquer ;
– Siroter un thé en regardant passer les deadlines.

Rain

todolist celineTulisquoi
– Ne pas allumer sous peine de…
– Ne pas souffler en espérant que…
– Ne pas manger au risque de…
– Fêter quand même puisque rien n’a de sens…

Tulisquoi

Recette (atelier n°4)

Participation Lizly :

pommes main enfant

 

Prenez une pomme. Ou deux. Ou trois. Ou plus.

Bleues comme des oranges, douces à caresser, juteuses, peut-être un tantinet acide dans le croquant, avec un retour sucré sur le léché.

Un couteau qui découpe, un couteau qui épluche, un couteau qui épépine, qui peuvent être le même.

Un plan plat paré d’une planche à peler.

Pluchez ou pluchez pas, l’épluche c’est personnel.

Taillez.

Compotez ou entartez, confiturez ou croquez cru, séchez ou confisez, garnissez ou simplifiez.

Faites comme vous le sentez, la pomme est une bonne poire.

P comme pommes

Participation de Adrienne :

pommes main enfant

C’était un de ces mercredis qu’il était tout seul dans la maison…
– Alors il a encore fait une bêtise?

Alors il a pris quatre belles pommes dans le compotier, les a pelées…
– Et il s’est coupé? le sang a giclé?

Il les a coupées en beaux morceaux bien égaux qu’il a mis dans un poêlon avec du beurre et du sucre…
– Qui a joliment cramé?

Qui a joliment caramélisé! Et pendant ce temps il a pris de la farine pour faire une pâte…
– Il a bousillé le mixeur et dégueulassé la cuisine?

Il a étalé la pâte sur les pommes caramélisées et a mis son plat au four.
– Où il l’a oublié? Carbonisé?

Où il l’a laissé dorer une petite demi-heure et quand il l’a sorti…
– Il s’est brûlé? il l’a laissé tomber par terre?

Il l’a mis à tiédir sur une grille.
– Alors le chien l’a mangé?

Alors sa mère est rentrée et elle s’est écriée « mais tu le fais exprès ou quoi? tu sais bien que je suis au régime! »
– Je le savais que ça finirait mal, cette histoire!

La pomme et les oiseaux

Participation de Céline,

pommes main enfant

On ne savait rien des oiseaux affolés. On ne savait pas que lors de son approche il y avait toujours un bec qui se levait pour alerter. On n’avait pas conscience de l’envol soudain, des plumes oubliées dans la foulée, de l’excitation, de toutes ces trajectoires qui se perdaient qui s’emmêlaient qui ne savaient pas s’il fallait se réjouir ou pleurer d’être là réveillées.

En fait, la faim le tenaillait mais il ne s’en rendait pas compte. Il travaillait et ce quartier de pomme, —ce jus acide et sucré brisé entre ses dents— mit en alerte ses papilles comme une nuée d’étourneaux. C’était presque douloureux. C’était vif.

Et les oiseaux comme pris dans un nouveau filet de vent firent demi-tour. Aucun ne fut oubliés, ils plongèrent vers ce qui restait du gouter. On savait tout de ces oiseaux affolés tant qu’on tendait l’oreille vers leur criée.

Conter fleurette

Participation de Adrienne :

enfant-main-fleurs

 

Il n’avait pas eu besoin d’entendre la chanson de Pierre Perret pour en avoir l’idée : chaque fois qu’il avait fait une bêtise – déchiré sa chemise aux barbelés, troué son pantalon en faisant du toboggan sur des troncs râpeux, perdu une chaussure dans la boue du ruisseau – il revenait une petite fleur à la main.

Avec la manie de sa mère, ça ne ratait jamais: elle oubliait de gronder pour donner une leçon de botanique :

– Oh! s’écria-t-elle ce jour-là, quelle jolie pulmonaire!

Il était temps qu’il grandisse: bientôt il aurait épuisé toute la flore locale.

Le cadeau

Participation de Georgia :

enfant-main-fleurs

 

Quand nous nous promenons main dans la main, mon cœur,

Mon amour, mon petit, ma beauté, ma douceur,

Je reçois de tes yeux le plus beau des cadeaux :

Percevoir l’univers comme un monde nouveau.

Tu vois et tu écoutes, tu cries ta découverte,

Un oiseau ! Une fleur ! Une bestiole verte !

Avec toi je renais à l’émerveillement,

Je n’économise plus mon étonnement,

J’observe la beauté du monde qui m’entoure,

Je hulule et je vis, je rigole et je cours.

Un fil, ce fil d’idées

Participation de Roasted Bean

enfant-main-fleurs

Au fil des années, il ne sut plus ce qu’était le bonheur. Au fil des années, le bonheur n’était pour lui que brise éphémère embrassant le visage le soir, ou au beau matin. Au fil des années, il sut que le bonheur, certes existait, mais que la vie pour lui n’était pas faite pour partir à sa quête : son destin était tracé, telles ces marques de sang qu’il se rappelait chaque instant.

En lui, le bonheur se vidait à la vitesse de la munition qui ôtait l’âme de son innocente famille. En lui, naissait cette braise incandescente de revanche qu’il jura ne pas montrer aux autres, car chacun montre ce qu’il est, et ce que son cœur renferme. En lui, virevoltaient les souvenirs éparpillés comme les ruines de sa maison, des souvenirs tendres tachés de haine à présent, des souvenirs de désespoir devenant motivation et volonté, des souvenirs de colère devenant source de bien-être, et des souvenirs d’injustice devenant réconfort, comme le souvenir de ce chat, emmitouflé dans un haillon au milieu des ruines.

Au milieu des ruines, un champ de bataille toujours vivace des esprits qui persévèrent et qui se confessent les uns aux autres. Au milieu des ruines, une ruine nouvelle des anciennes familles et anciens nouveau-nés. Au milieu des ruines ce chien venant de nulle part, queue remuante, signe d’espoir naissant en ce peuple qui n’est plus que grains de sable au gré du vent. Au milieu de cette toile fataliste que peint la haine humaine, se dressent ces petites fleurs violettes, symbole de la fin tragique mais apaisante de ce périple qu’on appelle la vie : Elle donne tout ce qui est beau, en échange de ceux qui profitent de cette beauté. Elle trace toutefois le sentier vers l’Inconnu, c’était ce refuge qu’elle offrait.

C’était ce refuge qu’elle offrait, un Inconnu qu’on a hâte de découvrir
Une autre vie ? Un royaume ? Ou bien le noir ?
Comme vous, les petites fleurs commencent à vieillir
Entre-temps, vivez-bien et gardez espoir.