• Atelier en cours

    Auteur : Dame Ambre ©Plumedambre

  • Atelier 2, To DO List en cours

    Un atelier particulier à partir de vos photos, vous avez quelques semaines pour participer. Pour en savoir plus
  • Contact

    ✍ Mail amillemains

    ☞ Social Twitter

  • Commentaires récents

    Dame Ambre dans Quelques mots
    OonaKaling (@OonaKal… dans Quelques mots
    Dame Ambre dans Quelques mots
    Dame Ambre dans Quelques mots
    Dame Ambre dans Quelques mots
  • Archives

  • Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

    Rejoignez 30 autres abonnés

  • Droits

    Tous droits réservés. Pour plus de détails, lire la charte d'utilisation

Bonbons à la violette

Participation de Marie Topic

 

enfant-main-fleursL’enfante arrive vers moi, du fond du jardin. Neufs violettes, c’est le cadeau qu’elle m’offre. Je n’ai jamais aimé dire «mon» enfant en parlant d’elle. Elle ne m’appartient pas. Elle est une fille que la nature m’a confiée sans vraiment me demander mon avis. Je la regarde s’avancer, pleine de vie, avec son printemps au bout des doigts. Du plus profond de mon cœur, montent des larmes que je parviens à maintenir au coin de l’œil. Je revêts mon sourire le plus assuré, puisé dans le théâtre des parents. Il me faut accueillir son destin qui bourgeonne.

Un clignement de paupières, et j’entends l’orage qui ondule dans la plaine, il y a sept sans déjà. Dans ce grand lit, drapé de gris doux, ma peau est collée à celle de l’homme. La chambre louée est richement décorée. L’orage roule sans fin comme si jamais nos corps ne cesseraient de s’aimer. Il fait moite sur l’oreiller, mon chant exulte et, je crois que,  à cet instant, l’enfante a fait son nid.

Bientôt nos chemins vont se quitter. Je n’ai pas encore trouvé les mots pour le lui dire. Je voudrais la protéger. Je désirais que jamais elle ne souffre des départs, des douleurs et des maux des corps. Je cherche le bon mot. Il n’arrive jamais. Je veux lui offrir la sérénité et toutes les paroles prononcées, qu’elles soient extraites des manuels ou du fond de mon cœur, briseront la quiétude de sa vie. J’aimerais qu’elle fut un cygne aux plumes protectrices sur lesquelles glisse sur l’émoi.

La vie m’a appris que les craquelures permettent à l’âme de s’étoffer, un peu comme lorsqu’on coupe aux bébés leurs cheveux blonds pour qu’ils épaississent. Mais moi, je n’ai jamais eu le courage de couper les boucles. J’ai toujours préférer laisser le temps se faire. L’enfante ne savait pas que ses anglaises ravissaient les yeux des grandes personnes. Mais, elle savait mettre à profit l’hébétude des anciens pour adoucir ses doléances enfantines. Chaque fois, ma grand-mère lui donnait des bonbons à la violette, c’était un refuge qu’elle offrait à l’enfante. Mais ma bonbonnière héritée est cassée. Et vide. Alors, je lui tends la main.

Article précédent
Les commentaires sont fermés.
%d blogueurs aiment cette page :