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Atelier n°2 : Virage à droite

Participation de Lizly

arbre solitaire

Elle sert les genoux et son petit hongre cède son mauvais trot heurté à l’amble fluide qui l’avait faite tomber en amour pour la race. Sur sa droite, une diagonale d’herbe jeune barre un ciel de giboulées d’une nette ligne d’horizon quasi-printanière. Sur sa gauche, le soleil de fin de journée étend leur ombre d’allures grotesques.

D’un appel de langue, elle encourage son doux brun à ne pas ralentir l’allure dans la cote. Il rentre d’abord le nez dans son encolure massive puis rallonge sa foulée. Un peu en avant d’eux, l’Arbre se dresse. Leur chemin s’en écarte un peu en aval et s’ils croisent quotidiennement ses branches, sa sève, son air bancal, c’est toujours à distance.

Elle rentre du travail à cheval comme d’autres prennent leur voiture ou en bus. Dès son entretien d’embauche, quand elle a vu l’enclos à l’entrée de la ville, à deux pas des bureaux, elle a compris que ses problèmes de transports étaient réglés. Ainsi, cinq jours par semaine, elle laisse l’Arbre, à main gauche le matin, main droite le soir, sans le remarquer plus que ça. Elle a en tête ses dossiers, la réunion de 10 heures, la liste des coups de téléphone à passer, les mails à envoyer avant midi et ceux qui peuvent être reportés à l’après-midi mais dont il faut s’occuper aujourd’hui sans faute, son tailleur pantalon savamment plié dans un sac hermétique et calé dans une sacoche de selle.

D’ordinaire, le dialogue de ses gestes et sa monture se construit sans passer, presque, par ses réflexions. Ils se connaissent par cœur, le chemin sans surprise se déroule hors des pistes. Mais ce soir, le vent ne suffit pas à la couper de ce qui l’entoure. La saison naissante, les pousses neuves, le ton sur ton de bleu du ciel, peut-être. L’odeur de crins mêlée de paille, le souffle rond, le chant des sabots, ou alors. Elle ferme les doigts et son hongre reprend le pas. Elle observe l’Arbre. Elle le voit chaque jour deux fois mais ne l’a jamais regardé. Elle n’y connait rien en arbre, à peine les noms des espèces les plus courantes, quelques notions sur les feuilles qui tombent et les aiguilles qui…euh… aiguillent ? Mais il est là. Jour après jour, vigie.

Ou sirène.

– Dis, brun, quand est-ce qu’on a oublié l’essentiel ? demande-t-elle à voix haute.

« Aller voir ce qui se passe derrière les choses, les lignes de crêtes et les arbres solitaires, toujours », complète-t-elle pour elle-même, rênes à une main, virage à droite.

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