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Participation de Lizly
 

jeux enfants fontaine mains – Non, attends !

Il a attrapé ma main.

Je lui fais dos. N’avance plus. Mon bras, mes doigts, derrière moi. Ils pèsent, lourds, un peu morts, dans sa main.

– Attends, souffle-t-il à nouveau, comme on s’adresse à un dieu frivole. Ou à un enfant endormi.

J’entends la brise de son nez, pincée, tendue, ce bruit de bouche quand il déglutit. Je sens chacun de ses doigts fermés sur les miens. Trois seulement : il m’a eue au vol, ça n’a tenu à rien.

L’immobilité de nos corps tangue. Bientôt, nos respirations se sont accordées, nos membres se sont engourdis à l’unisson. Au bout de mon bras, ma main compte huit doigts. Nos corps se connaissent, ils se savent.

« Attends » a-t-il dit. J’attends.

L’air tressaille. L’odeur de la pluie s’infiltre. Une goutte. Ma pommette. Une goutte. Le bout de mon nez. Puis mes cils. Le coin de ma lèvre. Ma nuque sous mes cheveux courts. Notre main.

– Tu ne partais pas.

Sa voix éraflée, un peu malade.

– Tu ne partais pas et nous n’avons encore rien vécu. Nous ne sommes personne, encore. Souviens-toi.

Ma main a huit doigts.

– Il fait si chaud. On vit presque nu. On peut encore : nous n’avons pas d’âge. Ou de ceux qui ne comptent pas.

Ma main a huit doigts, et elle est toute petite.

– Le soleil cuit la terre, nous sommes dorés, de petits pains nus dans l’été, si chaud.

Ma main a dix doigts. Mon bras caresse mon flanc.

– Cette eau sur mon visage ?

– La fontaine, mon amour. Rutilante, un miroir de fraicheur. Nous avons couru. Tu entends ? Des enfants crient sous l’estoc des jets. Tu les connais.

– Je les connais ?

Ma main a dix doigts, ses yeux sont pluvieux, sa bouche est un petit pain nu.

– Ces enfants, c’est t/moi, n’est-ce pas ? Je me souviens. On m’appelait.

– Tu t’éloignais.

– On s’était reconnus. On ne se connaissait pas.

– Tu t’éloignais. On se rencontrait à peine et tu t’éloignais.

– On m’appelait. L’eau dansait. Nous avions rit et crié, gambillé et couru, nous nous étions tortillés et mouillés, trempés et trémoussés. Mais on m’appelait. Tu as pris ma main. Et tu as soufflé…

– « Non, attends ! »

1 commentaire

  1. Quel joli texte circulaire, et mouillé !

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