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Photo en catimini

Par Abagendo

jeu 12Ma mère m’avait demandé de faire un détour et de retourner dans le village où se trouvait « LA MAISON ». On a tous une maison dans le cœur, ou dans l’âme…Maison qui disparaît, au cours des aléas de la vie : vendue, restaurée, détruite, amputée ou enflée de constructions annexes, vérandas ou autres hernies….

Quand j’ai réussi à la retrouver, après quelques errances sur des rocades et voies rapides que je ne reconnaissais pas,  j’ai éprouvé quelque chose comme un déclic dans la tête, comme si, sur l’ordinateur qu’on a tous dans un coin du crâne, coincé entre l’œil droit et la grande veine de Galien, tout le monde sait cela, j’avais cliqué sur un site inconnu, un site plein de photographies ; des photos carrées d’Instamatic Kodak, aux couleurs un peu passées.

Il a fallu que je ferme les yeux pour retrouver la netteté des instantanés : la grille d’entrée en noir, les volets plus foncés et toujours ouverts, une table sous l’arbre. Et tous les petits désordres d’un été vivant : la 4L vert écolo de mon oncle, garée en plein milieu de l’allée, le barbecue rond sur ses trois pattes, encore gras des saucisses de la veille, le vélomoteur aux sacoches entrouvertes sur des baguettes qu’un courageux était allé chercher pour le petit-déjeuner…

J’ouvre les yeux : la Maison a gagné en distinction ; mais n’avait-elle pas plus de charme quand tous les rebords des fenêtres pavoisaient sous les étendards des serviettes de plage bariolées qui n’en finissaient jamais de sécher, raidies de sable et d’eau de mer ?

Non, refermons les yeux.

Un autre instantané : trois enfants, peau saturée de soleil, sont en attente derrière la grille : la camionnette du marchand de glaces ambulant va passer ; on recompte les pièces de monnaie serrées dans la main pour savoir si on en aura assez pour une « à deux boules ». À côté, un grand chien débonnaire, en attente aussi : lui, c’est plutôt l’ouverture de la grille qu’il espère : au hasard du choix des glaces, une possibilité de fugue, peut-être, la liberté, c’est si bon !

Je ne peux guère rester plus longtemps planté devant cette maison ; quand je la regarde en face, je sens bien qu’elle est devenue un peu hautaine, que ses nouveaux propriétaires lui ont fait croire qu’elle était une demeure bourgeoise de haut standing. Je prends une photo en catimini. En réalité, son laisser-aller d’antan lui seyait mieux. Elle gagnerait beaucoup, à mon avis, avec quelques vélos d’enfant sur la pelouse, un ballon oublié sur le perron, des tongs devant la porte, et même pourquoi pas, une piscine gonflable sur le côté, pour que les tout-petits pataugent en attendant l’heure de la plage ? Tiens, j’y pense : un portique et une belle balançoire où les trois enfants amateurs de glace s’envolaient vertigineusement vers le ciel : ça, c’était la grande vie !

Je repars. J’enverrai la photo à ma mère. Elle dira : « c’était mieux avant ! ». À son âge, c’est normal tout lui semblait mieux avant ! Mais au mien ?

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1 commentaire

  1. Tel que c’est décrit, je suis d’accord, c’était mieux avant ! (Pourtant, mon âge…)

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