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Le poids des rites

Par DOM/abagendo

Jeu 11 ShayaDocument adressé à Maître V. N’Guyen
Avocat.
Domicilié à Paris, XVIIº arr.
Par Madame Hansa Jaa
Domiciliée à Paris, XIIIº arr.

Maître,
Je m’adresse à vous aujourd’hui pour une affaire qui me tracasse infiniment. Et comme j’ai cru reconnaître en votre patronyme un lien de parenté, pour le moins culturel, avec mes intérêts, je me décide enfin à effectuer cette démarche.
En juin 2012, lors de ma visite à un temple bouddhiste parisien, (dont je joins l’adresse exacte dans les documents annexes), j’ai été prise en photo dans l’exercice de mes dévotions, alors que je pratiquais les offrandes aux trois Bouddhas. Je n’ai pas été consultée et ma fille non plus. J’ai pensé qu’on photographiait les bols d’offrande ou la fresque murale.
Or, quelques mois plus tard, quelle ne fut pas ma surprise lorsque ma fille m’a montré cette photo sur l’écran de son ordinateur ! Mais le pire était la légende : Non, la pratique du bouddhisme ne conduit pas à la paix intérieure. (Je joins l’article intégral dans les annexes, où grosso modo on insistait sur le fait que le visage de ma fille et le mien reflétaient une morosité due, selon l’auteur, à une pratique routinière et mécanique de rites obsolètes.) Et l’auteur étendait ses conclusions à toutes les religions.
Bien, ceci étant, je me garderai bien de me placer sur un terrain religieux ! J’habite ici depuis assez longtemps et je sais que la liberté d’expression existe. Mais je voudrais mettre au clair deux faits :

1. Selon l’art.9 du Code Civil, il faut le consentement express et écrit d’une personne pour pouvoir la prendre en photo. Et pour la diffusion de cette photo aussi. Je me réserve donc le droit de demander des dommages et intérêts.

2. La légende et l’article sont une falsification de la réalité, ce qui aggrave encore le cas de l’auteur de l’article : si ma fille et moi arborions une si notable expression de mauvaise humeur sur le visage (nous sommes plutôt souriantes d’habitude…) c’est à cause d’un différend que nous avions eu quelques minutes auparavant : durant la visite du temple, il est, comme vous le savez, demandé aux fidèles de se déchausser et le gardien vous donne un grand sac pour que les chaussures suivent leurs propriétaires. Nous formions un groupe de huit personnes, ce qui fait seize chaussures. Le gardien a naturellement donné deux sacs à ma fille. (Étant la plus jeune du groupe, c’est elle qui les a portés.)

Si vous n’avez pas de jeunes dans votre entourage, vous ignorez combien ils rechignent à l’effort physique. Bien, ma fille a commencé à me demander d’accélérer mes offrandes, de sauter un bol sur deux, de restreindre mes courbettes et de convertir le parcours en une sorte de marathon bouddhiste. Les membres de notre groupe, mon oncle et ma tante, les grands-parents et deux cousins, sont tous âgés et marchent difficilement. (Surtout en chaussettes.).La discussion s’est envenimée lorsque les deux grand-mères, hors d’haleine, ont failli faire un malaise. On a repris tout le parcours à une allure plus raisonnable, et c’est là que ma fille et moi avons eu des mots que je préfère ne pas retranscrire ; je pense que ces lieux de recueillement en conservent encore le douloureux écho.

J’attends donc de votre compétence et savoir-faire l’obtention de quelques dédommagements, aussi bien moraux que matériels, à négocier avec l’auteur de l’article (dont le lien est joint au document annexe.)

1. La suppression de cette photo. (si cela s’avère trop difficile, au moins l’obtention de dommages et intérêts)

2. La rectification de la légende accompagnant la photo, si vous jugez que la suppression est trop difficile à obtenir. Je suggère une emphase sur le côté pesant de seize chaussures plus que sur le poids des rites. Et là aussi, une compensation économique pourrait être envisagée si la rectification n’est pas acceptée.

J’attends aussi de votre bienveillance une visite conjointe au temple en question : je pense qu’il serait viable de procéder à certains aménagements : ne serait-il pas plus judicieux que les lieux d’offrande, les bols et les Bouddhas soient installés sur des tapis roulants qui défileraient à une vitesse raisonnable devant les fidèles ? Avec bouton d’arrêt pour octroyer aux fidèles les plus dévots un supplément de temps ? Ça me semble une idée lumineuse. Les religions se modernisent ; on voit bien le pape distribuer des bénédictions urbi et orbi du haut de sa papamobile, un chemin de croix a été aménagé pour les rhumatisants et cacochymes à Lourdes. Ma fille a aussi mentionné la simple mise en service de sacs munis de roulettes en cas de brodequins, pataugas ou chaussures particulièrement lourdes. (Ce qui nous aurait évité tous ces déboires !)

J’espère que vous ne jugerez pas que cette affaire est insignifiante. Elle recouvre plusieurs facettes vitales dans notre société : le droit à la véracité de l’information, le droit à une pratique religieuse sans entraves et l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite à toutes les manifestations socio-culturelles et cultuelles.

Je vous prie d’agréer l’expression de ma considération distinguée.
Hansa Jaa.

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6 Commentaires

  1. JR FOURNIER

     /  30 mars 2013

    Chère madame H. J.
    Je vous félicite pour votre initiative. Il était temps. Savez-vous que votre photo a même été livrée en pâture à de tout petits amateurs d’écriture dans une sorte d’atelier anonyme fonctionnant sur le net . Je crois qu’il s’agit du blog à mille mains ou à mille pattes . Enfin je ne sais plus. Il faudra vérifier. C’est assez scandaleux . Au moins les peintres eux payent-ils leurs modèles qui sont d’ailleurs consentantes. Encore heureux qu’ils ne vous aient pas surprises nues à vos ablutions…

    D’autre part, je me demandais, , si vous sauriez m’éclairer sur la nature de ce sac que porte votre jeune protégée portant la mention  » Return the bag » ? Sac à vomir, Sac à malice ? sac ado ? Cela m’intrigue…J’y pense beaucoup trop et je me réveille la nuit avec des questions.
    Merci d’avoir la bonté de m’apporter quelques apaisements sur ce dernier point.

    • christine huet

       /  24 mai 2013

      Que d’histoires pour si peu !! Bien sûr qu’il en faut toujours un ou une pour animer le débat, ce sera moi aujourd’hui ! Bouddhisme ? Paix intérieure ? Pourquoi ne pas traiter par le dédain le « coco » qui vous photographie sans autorisation (et alors ? si ça se trouve, il vous a choisies parmi tant d’autres fidèles pour ce que vous représentiez de contradictoire avec l’ensemble de la foule ? Flatteur…). Dans la foulée, vous allez lutter loin de toute plénitude bouddhisme pour obtenir un « dédommagement » bien pragmatique et très à l’opposé de vos convictions, non ? Un conseil de copine, passez outre, regardez en faisant fi de son mauvais caractère d’ado, la jolie gamine dont le Destin vous a fait cadeau et… soyez heureuse !! Brûlez autant d’encens que vous le voulez…
      CHT

      • christine huet

         /  24 mai 2013

        Pour vous qui ne me connaissez pas bien, j’ai l’impression que je suis allée un peu fort ! Mais, ne craignez rien, je ne suis pas une tout blanc ou tout noir, une extrêmiste quelle qu’elle soit ! J’ai seulement bondi en vous voyant si atteinte par finalement, une provocation qui vous touche, à mon sens, beaucoup trop ! Que vous ne vouliez pas vous laissez faire, c’est très honorable mais… j’ai l’impression que vous gagneriez en tranquillité à vous mettre au soleil, profiter des oiseaux qui pépient, décompter les nuances de verts qui parent la forêt, fermer les yeux et décompter le nombre de petits bonheurs dont vous avez profité depuis ce matin au réveil ! Allez courage, je suis avec vous…

  2. Alors là, je m’attendais pas du tout à lire un texte de la sorte ! L’effet de surprise est total 🙂

  3. A l’entrée d’un temple bouddhiste, on se déchausse. On vous prête un sac pour que les chaussures ne soient pas volées…(oui, la pratique religieuse n’est plus une garantie d’honnêteté de nos jours, mon cher monsieur!)Et il faut rendre ce sac à la sortie. Mais ma démarche va peut-être moderniser et dynamiser la façon de se recueillir.
    Je pense déposer une patente pour une présentation »défilante » des bols à offrande, un peu comme les restaurants à sushis. Vous voyez ce que je veux dire?

  4. J’ai appris quelque chose avec cette histoire de sacs et de chaussures. Et oui, à quand le brevet du tapis roulant à offrande ?

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