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On entend la mer

Par June

jeu 10C’est tout ce qu’il me reste d’elle.
Ce collier.

Elle avait trouvé le coquillage un jour sur la plage, cette plage immense où elle était allée se perdre, attendant que je l’y suive. La marée, en se retirant à l’horizon, avait découvert tout un monde de vaguelettes de sable, abritant au hasard de ses creux, crabes, anémones, et vestiges d’une autre vie.

Carmila Beach.
C’étaient encore des moments heureux, elle me suivait lorsque j’allais pêcher et je la suivais dans ses rêveries. Nous nous aimions follement sans nous l’avouer, nous dormions enlacés, nous dormions à peine, nous riions à longueur de journée. J’étais son héros.

Je ne sais pas pourquoi le coquillage lui a tant plu. Elle l’a aussitôt attaché à son collier. Ce collier qui avait été celui de son frère, passé depuis dans un autre monde.

Le temps passait et nous avancions avec lui vers mon départ.
A l’aéroport, elle pleurait. J’avais déjà, depuis quelques semaines, versé mes larmes par avance. Elle en avait ri, m’avait assuré que le monde était empli de filles comme elle, et j’avais hoché la tête. Si seulement c’était le cas… Elle avait ri, elle s’était montrée détachée, mais dans l’aérogare son assurance s’est effondrée.

J’avais déjà pleuré sur notre fin, alors ce fut mon tour de la réconforter.
C’est à ce moment-là que la situation a changé. L’histoire aurait pu rester pure, un rêve évanoui, une idylle à l’autre bout du monde. Un bon souvenir.
Mais c’est à ce moment-là que nous nous sommes fait les promesses que nous n’allions pas tenir.

Pour adoucir la séparation, je lui ai donné mon porte-clé, une petite chose porteuse d’un petit message qui disait « all different but all together ».
Ça l’a touchée. L’instant suivant, elle détachait le collier de son cou et me le donnait. J’ai essayé de protester, mais il est délicat de refuser un cadeau, de refuser un échange, lorsque dans ce moment il revêt une telle signification. Nous allions nous revoir, c’était la preuve que nous n’étions pas finis. Et puis elle est partie en courant.

Le temps a passé.
Les contacts, de fréquents, sont passés à occasionnels, puis épars, jusqu’à ce que je ne reçoive plus que du silence en réponse à mes interrogations. Les promesses non tenues ont terni le tableau, le souvenir de ces deux mois de rêve s’est fait amer, et posé dans un coin ce collier me le rappelle douloureusement.
Je n’ai pas de place pour lui, je ne peux pas le ranger, je ne veux pas qu’il ait de place chez moi. Mais je n’ose le jeter, par respect pour un mort que je n’ai jamais connu et avec qui je n’ai plus aucun lien.

Je voudrais le lui rendre, mais toujours, en réponse, je n’ai que le silence.
Et ce souvenir d’elle qu’elle m’impose, comme un fantôme qui me hante.

3 Commentaires

  1. lullaby

     /  6 février 2013

    Quel beau texte… une jolie histoire aussi, originale, sans doute la plus originale de toutes celles publiées. Ravie de te connaître 🙂

  2. Ah la la quel dommage !
    🙂
    C’est vrai qu’il y a du Shaya en toi. Mais en plus, tu nous fais partager les plus beaux des moments heureux du fameux « amour de vacances ». Ces purs moments lumineux dans lesquels on se jette corps et âmes… Même si on sait qu’on finira gelé, le cœur prisonnier à vie d’une glace épaisse et insupportable, le soleil est pour l’instant notre seul guide.
    Et tant pis si cette adorable insouciance estivale se fera paradoxalement bafouer par les lettres, objets et souvenirs issus de cette époque bénie.
    J’en ai brûlée des lettres, concassés des coquillages… pour essayer de continuer à avancer. Car les objets ne ressuscitent ni les morts ni les amours d’été.
    Et le temps, c’est toujours du passé.
    Et ceux que nous aimons vraiment seront toujours là, si proches qu’on dirait qu’ils sont dorénavant une partie de nous.
    La meilleure ?

  3. ( je rougis … ) Merci !

    Ceux que nous aimons vraiment et j’ajouterais : qui nous le rendent bien, sont toujours là.
    L’amour à sens unique, si l’on veut le surmonter, il faut le descendre de son piédestal et pouvoir (que l’on nous laisse) l’oublier…

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