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Héritage

Par Lizly

jeu 10Mise sur la touche par la chaleur grimpante, elle s’est éloignée du groupe pour chercher un filet d’ombre ou un brin de courant d’air. Le parc est accueillant. Enfants échauffés, parents alanguis, joueurs de pétanque infatigables, un groupe de vieilles dames qui brodent davantage les potins que leurs ouvrages, quatre chevalets qui se piquent d’art du dimanche, des livres ouverts, souvent pour être lus, parfois pour protéger les visages que siesteurs sur pelouse interdite, des doigts qui jouent sur des écrans tactiles reliés à des écouteurs. Elle marche posément, sa robe légère collée à la peau de son dos, souriant aux visages ouverts, flottant dans des pensées paresseuses. Ses sandales font un petit bruit de pièce de bois poncée à chaque pas sur le sol sablonneux de l’allée. Un cochonnet lui coupe fugitivement la route, lancé avec trop d’enthousiasme. Par endroit, les feuilles bruissent. En marge de l’allée principale, elle retrouve l’orgue de barbarie, le béret, le chat tricolore. Dans ce décor, elle voyage dans les souvenirs qu’elle trimballe déjà et dans ceux qu’elle construira. Elle s’assied sur un banc proche. De son chapeau, elle s’évente, s’amusant de celle qu’elle est devenue, posée sagement sur l’assise, même pas sur le dossier. Un peu plus loin, l’Homme qu’elle aime la regarde. D’un sourire, elle efface le froncement inquiet qui empreint son front. Il prend de ses nouvelles avec les yeux. De quelques signes formés avec ses mains, elle le rassure. Il mime le geste de l’organiste pour la faire rire. S’il ne peut profiter de la musique, il aime regarder fonctionner l’instrument qui « lit la musique en braille » comme il signe. Elle dessine dans l’air « Java bleue », il répond de la même façon « comme une orange » puis reprend le cours de la discussion entamé avec les amis entrainés dans cette promenade impromptue. Elle ne le quitte pas des yeux, goutant la complicité à distance qui flotte encore dans l’air. Il porte cette chemise brodée qu’elle ne sait plus qui a rapporté d’elle ne sait plus où et dont le col dénude son collier fétiche. « C’est l’endroit le plus doux du monde », pensa-t-elle, les yeux posées sur ce cou. « Ça aussi, il faudra que je te l’apprenne » ajouta-t-elle, posant une main sur le ventre qui attire à lui le tissu de cette fameuse robe.

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11 Commentaires

  1. lullaby

     /  23 janvier 2013

    Magnifique texte. Et ce bout de phrase, « flottant dans des pensées paresseuses », je le lis et le relis, et je le trouve tout simplement émouvant.

    • J’ai mis un moment à trouver comment décrire cet état là. Tu vois ce que je veux dire, j’en suis sûre.

  2. monsieurnormal

     /  23 janvier 2013

    Voyager dans des souvenirs à construire !
    J’aime beaucoup quand les époques se percutent…
    Soyons quantique, bon sang !
    Quant à la tendre complicité des futurs parents, elle fut à deux doigts de me sortir du marasme où cet hiver pluvieux me maintient la tête plongée jusqu’aux épaules…
    En tout cas, j’ai bien bronzé en te lisant, merci !
    …et mes prochains premiers pas en tongs dans du sable brûlant, quand j’entendrais ce fameux crissement, ce velours qu’on déchire, seront pour toi !

    • Si l’écriture ne permet pas de sortir de la grande froidure de l’hiver, à quoi sert-il donc d’écrire ? Je crois que je me suis laissée influencée par la complicité de Sacrip’Anne et son Enchanteur dans l’écriture.
      Vivement les tongs qui crissent !

      • Je suis heureuse que cette complicité transparaisse (et t’inspire !)

        • Elle fait plus que transparaître, elle pétille, elle raisonne, elle se clame. C’est doux de vous fréquenter tous les deux. Même via le Grand Internet.

  3. C’est une bien jolie promenade que voilà, je me suis laissée entraînée.
    Par contre, il y a quelques soucis de construction de phrases vers la fin (ou alors c’est moi qui suis trop fatiguée, c’est fort probable)

    Enfin un texte très agréable en ce vendredi matin brumeux. J’aime particulièrement « ça aussi il faudra que je te l’apprenne », on nous l’apprend pas assez que le monde est beau !

    • Oh, c’est bien possible qu’il y ait des soucis de construction. J’ai « jeté » ce texte sur mon clavier et l’ai à peine retouché. J’aimais bien l’atmosphère, j’ai eu peur de l’alourdir en récrivant trop. D’ailleurs, tiens, il y a un soucis de concordance des temps.
      Et oui, le monde est tellement beau par endroit.

  4. Cette atmosphère qui se dégage de ton texte … Un parfum d’été, un amour serein, l’assurance de l’autre, un futur déjà en route…
    Je n’ai qu’une chose à dire : j’aime ! 😉

  5. C’est beau et je ressens bien l’amour qui unit ces deux (trois ?) êtres.

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