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Décès de Laurence F.

Par DOM

jeu 10Décès de Laurence F. (affaires classées, cas nº 12 / 94 / Confidentiel)

Extrait du journal du commissaire Poiret, communiqué par sa fille, Melle. Poiret, après le décès de celui-ci, et remis à Mme Faubnas, en vue d’une réouverture de l’enquête sur le décès de sa fille.

1 /01 / 1995

Je commence à être obsédé par cette photo. Et pourtant je suis habitué.

 Quand la P.J. m’a confié l’enquête, je dois dire que le corps de cette pauvre femme n’offrait pas la même fraîcheur. Elle était morte depuis trois jours dans son petit studio. C’était  le logement d’une femme qui a beaucoup voyagé…des souvenirs exotiques, des objets d’art africains, des châles indiens drapant le canapé…Normal, elle était journaliste, selon ses papiers d’identité et travaillait free-lance pour des revues d’ethnologie. On m’a même indiqué qu’elle avait publié quelques articles remarquables (et remarqués) sur le rôle des  bijoux dans les sociétés tribales. (Appartenance à un groupe social, hiérarchie, ou au contraire, marque d’opprobre ou désignation pour une exécution.)

2 /01 / 1995

Je suis retourné au studio et j’ai décroché une photo de la jeune femme. Elle était punaisée sur un tableau de liège, en face de sa table de travail. Splendide, rayonnante, elle portait une tunique de fabrication artisanale un peu longue, genre sari, qui laissait voir un bas de pantalon étroit. À côté d’elle, un homme. En jean et chemise délavée, l’aspect d’un baroudeur fatigué, mais quand même, une main possessive sur la hanche de la jeune femme. Je vais faire faire un agrandissement du décolleté de la jeune femme. Ce bijou m’inquiète. Et puis, il y a cette rougeur diffuse au-dessus du collier : la peau semble irritée.

18 /01 / 1995

Je déteste les lenteurs de mon administration. Pour avoir un agrandissement : trois jours d’attente ; pour obtenir l’identité du type, le baroudeur fatigué, pas moyen. J’ai l’impression d’une certaine réticence de la part du service en question.

J’ai retrouvé le collier de la victime sur la tablette du lavabo. À l’intérieur du pendentif accroché au centre (une sorte de grosse graine creuse), après avoir gratté avec un canif, j’ai trouvé une poudre de couleur ocre.

2 / 02 / 1995

L’analyse du laboratoire est arrivée aujourd’hui : cette poudre est un dérivé du curare, le contact avec l’épiderme, pendant une période assez longue, peut entraîner la mort par asphyxie,  les muscles de la cage thoracique étant paralysés. Une façon subtile de donner la mort : je te donne un bijou, et te condamne à mort.

 Mais qui est ce type sur la photo ? La mère de la victime, qui n’avait que peu de contact avec sa fille, n’a pu me donner aucun indice ; elle sait seulement que sa fille avait pas mal de relations avec le personnel des services culturels des consulats français des pays où elle enquêtait.

Il faudrait maintenant que je me tourne vers le Quai d’Orsay. Mais en ce moment, avec cette sombre affaire du Rwanda et du génocide, ils ont d’autres chats à fouetter, si j’ose dire.

15 /03 / 95

Affaire bouclée, en effet. Le Parquet m’a dessaisi de l’affaire, concluant à un accident : Laurence Faubnas  aurait manipulé sans précaution des objets qui lui avaient été prêtés dans le cadre d’une enquête par le service culturel de l’Ambassade de France à Kigali,  et aurait été de ce fait,  intoxiquée.

Je suis un peu écœuré. Mais je manque un peu d’énergie, ces temps-ci. Si j’avais trente ans de moins, j’aurais envie de lui rendre justice, à cette pauvre Laurence. Crime passionnel ? Jaloux, le baroudeur ? Ou bien élimination d’un témoin gênant dans cette époque de règlements de comptes entre Tutsis et Hutus. Je sais seulement que ce collier l’a tuée.

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8 Commentaires

  1. JR FOURNIER

     /  21 janvier 2013

    Chère madame Faubnas,
    On ne peut pas en rester là. Cette demande de classer l’affaire me parait suspecte. N’y aurait-il pas eu une intervention en haut lieu ? Poiret était un vieil homme fatigué. Faites quelque chose je vous en prie !

    • Dominique

       /  23 janvier 2013

      Cher Monsieur Fournier,
      Hélas, vous vous adressez à une vieille femme ! Où vais-je trouver l’énergie pour remuer ciel et terre pour savoir si elle est morte à cause d’un collier ou à cause d’une tunique ? Ma voix n’a plus la force d’antan, je chevrote, et mes doigts dansent le parkinson sur mon clavier délabré….
      Tenez, pas plus tard qu’hier j’ai reçu une lettre du Président de la République. Vous savez, celui qui se fait appeler M. Normal. Il laisse entendre que ma fille était une barbouse. Et que je suis de mèche. Enfin rien que des trucs tirés par les cheveux !
      De toute façon, il n’y a pas de quoi s’arracher les cheveux ! Ce pauvre Poiret, il a fait ce qu’il a pu. Même que personne n’y a beaucoup cru, à sa chute mortelle : monter sur un tabouret pour attraper un bocal de confitures ! Un homme qui avait du diabète ? Encore pire que ma pauvre Laurence.
      Non, croyez-moi, j’abandonne. Je vais faire une croisière, pour me changer les idées. J’hésite encore entre le Sahel et le sud de la Mauritanie. Que me conseillez-vous ?

  2. Mme Faubnas, je me permets de vous écrire car j’occupe actuellement le poste de documentaliste stagiaire au sein de la section d’informatisation de la gestion des dossiers liés aux affaires classées. Mon attention a été éveillée lorsque j’ai numérisé la photo du cou de la victime. Je me suis permis, hors de mes heures de travail, de vérifier certaines hypothèse qui me semblaient troublantes.
    – le simple frottement d’un coquillage imbibé de curare n’aurait pas suffit a tuer la victime.
    – j’ai reconnu, par hasard, l’inconnu qui tient la hanche de la victime : c’est un scientifique qui a récemment publié une découverte sur le mode de fixation du gecko, M. Kellar Autumn, du Gecko Lab de l’université de Kiel.
    Je vous passe les détails techniques que vous pourrez retrouver sur ce site :
    http://sciencetonnante.wordpress.com/2012/12/10/comment-le-gecko-fait-il-pour-grimper-aux-murs/
    Bref, tout porte à croire que les restes de curare trouvés dans le coquillage cauri (Cypraea moneta) provenaient en fait de l’étoffe de la veste de Laurence F. Étoffe dont le tissu possède la même particularité de finesse moléculaire que les spatulea du fameux gecko. Et c’est sans aucun doute le vrai vecteur du curare.
    Mlle F. avait découvert que le labo du professeur Autumn, sous couvert d’innocentes recherche liées aux adhésifs, était en fait en relation étroite avec la section militaire de son gouvernement.
    Et que faisait-elle dans cette galère ?
    Vous n’avez pas pu passer à côté de tous ces indices. J’ai donc cru au début que vous étiez de mèche avec son réseau d’espionnage international et que vous aviez sabotés une deuxième fois l’enquête pour leur compte. Oui, les présomptions que Mlle F. soit une barbouze sont bien trop flagrantes. Mais maintenant, je m’inquiète pour votre santé. La fatigue que vous ressentez est un des premiers symptôme de empoisonnement.
    C’est donc comme ça qu’ils vous tiennent : l’antidote contre votre silence.
    Mais vous n’êtes plus seule. Je vais relayer l’information sur un maximum de blogs et réseau sociaux.
    La seule option de nos ennemis seraient qu’ils fassent passer tout ceci pour de la fiction.
    Mais le monde saura que l’industrie textile est manipulée par les forces réactionnaires voulant prendre le contrôle global sur nos vies !
    Ils ne nous aurons pas !
    Tiens …?
    Mon slip me démange horriblement l’entre-jambes.
    Serait-ce une de leurs…
    Non !

    • Dominique

       /  23 janvier 2013

      Monsieur Normal,
      En réalité, le commissaire Poiret est mort chez lui, victime de sa gourmandise : monté sur un petit banc pour attraper un pot de confitures. (Sa femme les rangeait en hauteur, afin que le commissaire, de petite taille, ne puisse se servir lui-même.) Sa chute fut mortelle.
      Je dois dire que personne n’y a beaucoup cru….
      Faites attention à vous…Moi je pars. Je viens de gagner un séjour dans le Sahel. C’est fou ce que j’avais envie de soleil !.

  3. monsieurnormal

     /  23 janvier 2013

    Il est malheureusement trop tard pour moi… Les démangeaisons, après avoir couvert tout mon bas-ventre, ont gagné le torse, puis les aisselles, laissant mon corps entier suintant et purulent. C’est du bout des doigts que j’écris ces mot, sûrement mes derniers.
    Ne sortez pas de chez vous ! Si vous avez besoin de soleil, lisez Lizly, son texte fait bronzer à domicile et sans risques de coups de soleil.
    Adieu !

    • La morale de cette histoire serait-elle donc « Vivons nus et lisons du soleil » ?

  4. J’aime beaucoup l’idée d’utiliser ainsi la photo. J’ai été embarquée dans l’enquête. Je propose donc le Colonel Moutarde dans le salon avec un chandelier. Ah, non, pardon, je me trompe de partie !

  5. Chapeau, comme Lizly, j’ai été complètement embarquée dans cette histoire !

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