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La Rue du Crépuscule

Par Badtachyon

Encore quelques pas et le vacarme de la grande avenue ne serait plus qu’une sourde rumeur, diffuse et contenue. Aux spots flamboyants et aux lumières agressives se substituerait bientôt la douceur réconfortante des lampions accrochés aux petits étals de la rue du Crépuscule, infime goutte de sérénité perdue dans un invraisemblable océan de béton.

Le souffle court, les yeux emplis de larmes, les tympans meurtris par les rugissements d’une ville qui devenait chaque jour plus inhumaine, je prenais de nouveau la mesure de ce vers quoi nous foncions tête baissée : un monde sans âme, troquant sens et simplicité contre une effervescence vide et tapageuse. Un monde dans lequel je refusais de me noyer comme la plupart de mes amis, tous dissous depuis longtemps dans ce néant solide en perpétuelle expansion.

La rue du Crépuscule représentait un petit refuge pour les habitants que la course insensée du monde avait laissés sur le bord de la route, une poche d’air inespérée dans l’épave torturée d’un navire en train de sombrer. Il s’agissait d’un abri, chaud comme le ventre maternel, où les orphelins du temps gaspillaient avec délice secondes et minutes à ressusciter des actes oubliés, anodins et heureux. Se parler, se toucher, croire et sourire, puis rêver qu’au-delà de ces poignées de vieilles bâtisses délabrées serrées les unes contre les autres, le monde n’était plus seulement fait de plastique et de lumière artificielle. Tendre chimère qui s’étiolait dès que l’on s’éloignait de la rue du Crépuscule pour retourner à son existence de mort-vivant.

Encore quelques pas avant d’ouvrir véritablement les yeux. Mais après avoir tourné à gauche au bout du boulevard de la Lune, je me retrouvai face à un mur blanc, large et totalement lisse, tandis que derrière lui, hurlaient déjà les machines infernales des ouvriers, fossoyeurs inconscients du monde.

Je m’appelle Wu Mei, et je suis mort aujourd’hui.

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8 Commentaires

  1. jeanro

     /  24 octobre 2012

    Je connais cette rue. C’est un bel endroit, même si son envers est effrayant.

  2. lullaby

     /  26 octobre 2012

    Jolie description d’ambiance, avec une fin qui ne peut laisser indifférent.

  3. J’y ferais bien un tour dans cette rue… Beau texte. Bravo!

  4. Bel univers. Une retranscription d’ambiance qui ne peut pas laisser indifférent.

  5. lullaby

     /  3 novembre 2012

    Lizly, je crois qu’il devient urgent qu’on dise à tout le monde que nous sommes bien deux personnes différentes ! Avec les mêmes avis et les mêmes ressentis, mais différentes ! 😀

    • J’avais pas lu ton commentaire ! Enfin, si, quand je l’ai modéré, mais il y a un moment, je ne l’avais plus en tête… Ah ben pour le coup, ça fait carrément doublon. Alors oui, nous sommes bien 2 personnes différentes sur la même longueur d’onde et qui ont visiblement tendance à utiliser les mêmes mots.

      • lullabyonearth

         /  5 novembre 2012

        « Sur la même longueur d’ondes » oui, je vois bien ce que tu veux dire 😉 Et je confirme !

  6. monsieurnormal

     /  7 novembre 2012

    Violente, la poésie de la rue, qu’elle soit du Crépuscule ou d’ailleurs, pour faire passer la pilule amère de la fin des temps. Et c’est le cœur bien lourd qu’on imagine la puissance du drame vécu chez soi, en soi, pour qu’il puisse une seconde être envisageable qu’une rue, quelle qu’elle soit, qu’une mort, puisse être un refuge.
    C’est la poésie qui nous sauve, pas la rue !

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