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Il ne partira qu’avec le dernier

Par Izzie Mamour

Enfant il n’aimait pas lire. Son enfance a été marquée  par l’ennui. De longues journées qui se traînaient, sans partage, sans rire. Sans bruit.
On pourrait dire, propices à la lecture, aux rêves, qui occupent l’espace, le vide. La tête, le cœur. Qui nourrit son corps.

Alors, maintenant il a peur, il regarde toujours les livres de loin. Ces volumes qui prennent toute la place chez lui. Qui l’étouffent.
Il a longtemps hésité mais aujourd’hui il s’en sépare. Sur ce trottoir, prenne qui voudra.

Il ne partira qu’avec le dernier.

Au fur et à mesure du vide qui remplace chaque livre, il revit  les impressions de lectures, le souffle, le geste qui a porté les mots et les images. Celui-ci c’est sa première amoureuse qui le lui a offert. Ce sont des poésies, il les lui lisait après l’amour, nus sous le drap froissé.

Celui qui vient de trouver preneur est un recueil de nouvelles érotiques. Il ne les a jamais lues seul. Un petit pincement à son cœur d’artichaut et ça passe. Ses livres sont ses anciennes amours, chaque livre caressé comme la peau douce et parfumée de sa dernière maîtresse. Comme son souffle qui s’éteint à son oreille, ce geste suspendu à son plaisir.

Maintenant, il espère retrouver sa solitude, une nouvelle sensualité, la découverte de lui-même. Sa vraie vie, sans attaches, sans entrave. Il a déjà tellement vécu, tellement partagé.

Quelqu’un remplira sa vie en vidant la sienne. Il a besoin de ce vide, de faire table rase. Ôter un à un les oripeaux, marques du passé. Tout ça lui colle trop à la peau, comme avant l’orage, quand l’air est moite. Il sait que chaque livre l’éloigne un peu plus de sa vie. Chaque cession l’en rapproche.

Enfin il peut se reconstruire, repartir, réinventer sa vie, celle qu’il veut. Peut-être l’écrira-t-il finalement. A la main, sur un petit cahier sans lignes.


Il ne partira qu’avec le dernier.


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