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Ainsi va…

Par Lizly

Il est là. Bras et jambes croisés, dos infléchi, un cigarillo suspendu à une main nonchalante, installé au liséré de l’ombre des arbres, omoplates au soleil, visage protégé. Il a posé son panama par terre, juste à côté de son espadrille droite. Tête nue, il prend un coup de vieux. Les cheveux blanchis, peut-être. Ou ses yeux que ne déguise plus l’ovale du chapeau.

Il semble lancé dans un entretien silencieux avec le Che. Tout en regards. Si les oiseaux se taisaient, on les entendrait presque, papier glacé et peau burinée.

« – Nous pouvons douter de tout, sauf de notre devoir d’être toujours au côté des humiliés qui luttent.
– Je doute, Papa, je doute… »

Il biberonne son clope et chemine la fumée comme une vieille loco. De temps en temps, il cligne en direction du second tabouret en bois brut, comme une invitation à qui voudrait. A celui qui s’arrête, il peut évoquer l’après-midi durant l’un ou l’autre des titres en présentation ou bien adresser un silence obligé conviant à partir seul à la rencontre d’un livre.

Si vous lui plaisez, il vous fera un prix.
Si vous le lui demandez, il vous fera un récit.

Et quand la lumière virera au gris, que la journée tirera sa révérence, il chaussera son chapeau et remballera sa librairie éphémère pour la nuit.

Et demain, à l’heure où le soleil sera déjà haut, il s’assiéra à l’ombre, harponnera sa tabatière et choisira un visage pour mener une nouvelle discussion avec une photo glacée, il choisira une de ces couvertures au-delà desquelles il n’a jamais été, lui qui n’a jamais su lire.

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8 Commentaires

  1. Un beau texte, tout en sobriété. Je l’ai lu deux fois pour m’imprégner de l’atmosphère.

    • Merci. J’ai essayé de retranscrire quelque chose de ce que dégage la photo pour moi. Je ne suis pas sûre d’y être vraiment arrivée, la photo est très riche.

  2. J’aime beaucoup cette ambiance de nostalgie révolutionnaire étouffée dans la chaleur tropicale. La chute est assez inattendue, d’autant plus que je voyais l’éducation, l’apprentissage de la lecture, comme une des armes de base dans le combat pour la libération ?
    Un dernier chipotage sur l’emploi du futur dans la phrase sur le soleil. J’aurais plutôt dit (pillons les grands auteurs ! 🙂 quelque chose comme :
    « Et demain, à l’heure où soleil est au zénith… »
    Je tiens à préciser que ces remarques ne sont pas des critiques mais des invitations au dialogue !
    Bref, quelle chaleur, merci pour ce voyage (à tous niveaux !)

    • Et comment continuerais-tu ta phrase sans employer le futur ?
      Le cliché littéraire du soleil au zénith, j’ai préféré éviter. Un soleil haut laisse plus de place à la nonchalance, l’horaire est moins précis qu’au zénith.
      Le futur, lui, laisse entendre que les choses sont ainsi et ne sont pas prête de bouger il me semble. Il m’est venu assez naturellement au premier jet d’écriture et je l’ai gardé. Mais le choix se discute, c’est vrai.

      Quant à mon personnage, je ne suis pas certaine que ce soit un véritable révolutionnaire. Devant le Che, on le serait tous un peu, non ? Mais face à une jeune et jolie actrice, ne serait-il pas un charmeur au cœur mûr ? Je pense qu’il s’enrichit de chaque portrait et change sans doute un peu auprès de chacun d’eux.

      (Aucune offense, je discute bien volontiers !)

      • Effectivement le zénith était bien pourri, désolé !(c’était pour rigoler !)
        Sinon, je voulais parler du futur de « sera ».
        J’avais peut-être trop en tête Hugo :
         » Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
        Je partirai… »
        Et pas « à l’heure où blanchira… » Mais je n’ai rien contre le futur.. heu… J’espère !
        Quand à la cohérence du personnage, tu es bien sûr la mieux placée pour la justifier. Et j’avoue que j’aime beaucoup l’idée d’une sorte de caméléon sans personnalité propre, se transformant au grès des couvertures qu’il voit (donc qu’il ne lit pas !) et des passants qu’il rencontre.
        Je crois aussi qu’on a tous cette tendance. On se construit avec des bouts de ce (et de ceux) qui nous entourent. Nul n’est une île. (rhaa, encre un cliché ! 🙂
        Et merci pour la conversation !

        • Ah, ok, je croyais que tu parlais du futur dans la dernière partie de texte. Je ne serai définitivement pas Hugo… 😉
          Pour le personnage, une fois livré, il appartient à chaque lecteur. C’est la « magie » du texte court : l’auteur en sait forcément bien plus que le lecteur sur le personnage mais le lecteur peut combler les vides à souhait.

  3. C’est marrant, moi aussi l’idee m’a traversee d’en faire un illettre. Et ce qui est sur, c’est que, comme toi, je l’aurais evoque de facon pudique et en deux mots, comme toi. Les grands esprits se rencontrent ! En tout cas l’idee du dialogue interieur avec les couvertures est bonne et le texte se lit tout seul.

  4. L’idée de décrire la scène est excellente.

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