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J’aime regarder les filles

Par Mme Doubitchou

Quand est-ce que ça a basculé ? A quel moment nos regards s’étaient-ils croisés ? Quand est-ce que j’ai compris que cela allait plus loin que prévu ?

« Partenaire particulier….« 

C’était ici, c’est sûr et certain, face à la piste, au fond du bar.  J’étais avec mon verre de vin, un Château d’Yquem 2001, que je savourais pleinement après ma journée de boulot. Et il y avait ce groupe de filles, qui parlaient. Trop fort. Qui riaient. Beaucoup. Et qui enchaînaient les bouteilles de vodka. Et de gin.

Je me souviens avoir pensé « ah, encore un de ces enterrements de vie de jeune fille à la con » en remarquant le maquillage putassier de la plus hystérique d’entre elles. J’ai dû penser « pauvre fille », ou un truc dans le genre. Et « pauvre mec » aussi, je crois, en imaginant le visage de la future mariée sous la tonne d’artifices grossiers dont elle s’était couverte. Faux-cils. Faux-seins. Faux-cerveau peut-être?

Et puis peu à peu, la musique a couvert les ricanements. Je n’ai pas bougé. J’aimais pas danser, mais après une semaine de merde au boulot, j’avais besoin de regarder les corps se mêler, se mélanger dans la fureur et le bruit, sentir la sueur pénétrer mes narines, sur fond de tubes ridicules des années 80. Années 80? Pas de bol, une soirée à thème. Ca jure avec la déco plutôt classe du bar, dommage, ça nuit au standing…

« Je, je suis libertine…« 

Le refrain est imparable, le groupe de dindes s’est levé. « Manque plus que le Jerk et je vomis », ça je l’ai très clairement pensé, je m’en souviens bien, j’en étais à mon 4ème verre de Château Margaux 2005 mais j’étais encore tout à fait lucide. Et évidemment, le volatile gloussant étant grégaire, elles se mettent toutes en rond, remuant mollement les jambes et les bras, se frotti-frottant le corps de manière prétendument sexy. Ah, c’est beau une nana beurrée, c’est sexy.

Et puis il y a elle. Elle. Elle, impériale, qui bouge à peine et me fixe. Ces grands yeux noirs presque félins. Et sa bouche sensuelle, entre-ouverte.

« Il suffira d’un signe« 

Son bassin qui bougeait lascivement. Ses mains qui couraient le long de son corps. « Merde, qu’est-ce qui m’arrive… », ça aussi je l’ai pensé. Peut-être même dit. Et j’ai rejoint la piste.

« Nothing compares to you…« 

Elle me fixe? Non, c’est pas possible, c’est moi qu’elle regarde ? L’esprit brumeux, je me retourne, au cas où. Mais à part l’expo-photo trop chic pour ce bar de seconde zone, il n’y a rien. Putain, je dois faire quoi, là, au juste ?

« Gaby, oh Gaby, tu veux que j’te chante la mer…« 

Elle me fait signe de la suivre. Et je le fais, sans même hésiter une seule seconde.

Je me retrouve dans les chiottes. Je me souviens de sa bouche qui se colle à la mienne. De son corps contre le mien. De ses mains pressantes. De nos souffles, oppressés. Ca n’a pas duré longtemps. Quelques minutes tout au plus. Elle s’est arrachée à moi d’un seul coup et est partie rejoindre le groupe de dindes qui l’attendaient devant le bar. Enfin c’est ce que je suppose, car quand je suis sortie des chiottes, elles n’étaient plus là.

« Don’t forget the night…« 

Et je suis ici, à nouveau. C’est pas faute d’avoir voulu oublier  ce qui s’était passé dans ce bar, dans ces toilettes. Cette nuit où tout aurait pu basculer. C’était loin, un souvenir brumeux de ces années un peu dingues de ma vie.Et je suis à nouveau ici… Le meilleur endroit de la ville, comme elles l’avaient promis. C’est sûr, elles ne pouvaient pas choisir meilleur endroit pour enterrer ma vie de jeune fille…

« C’est l’ultra-moderne solitude…« 

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3 Commentaires

  1. Je ne sais pas si je pourrais te pardonner de m’avoir coller un juke-box de chansons dont je ne sais même pas comment je connais les paroles !
    En tout cas, chouette texte. Et belle chute !

  2. Bien vu et un très bon rythme 🙂 tout en auto drelin 🙂

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