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Vestige

Par Amy

On était rentré là par hasard, mais on le regrettait déjà. S’il nous avait de prime abord semblé assez chaleureux, on s’était vite rendu compte que l’endroit était en fait un peu malsain, les clients ternes et le serveur distant. Il n’était pas encore venu s’enquérir de nos besoins. Matthieu se tortillait dans son fauteuil, anxieux, et son malaise était très contagieux.

Mon regard s’égara et frôla les murs du bar sans vraiment s’y arrêter. Des cadres, des femmes nues, des personnes grimaçantes, vestiges d’un passé déjà bien lointain, d’un monde disparu. Rien qui ne méritait vraiment mon attention à cet instant précis. Et nous avions d’autres chats à fouetter.

– Ce serveur, il arrive ? M’enquis-je, agressive.

– Appelle-le toi-même, ou arrête de râler !

Nous n’étions jamais sur la même longueur d’ondes, Thomas et moi. Il s’était un jour greffé à notre groupe, un peu par hasard, et depuis, je ne faisais que le supporter, à grande peine. Mais dehors, il valait mieux rester groupé, nous l’avions bien compris.  Et, entre deux villes, trois personnes, c’était encore trop peu. Surtout depuis que les bêtes avaient recommencé à rôder.

En attendant, je m’intéressais enfin aux rares personnes ayant fait un choix pour le moins étrange : celui de braver le froid des rues maintenant totalement sûres et protégées de la ville pour se retrouver dans cet endroit sordide. De jeunes femmes ayant retrouvé pour un soir le plaisir de se pomponner, quelques hommes harassés par le travail, venus trouver un peu de réconfort au fond d’un verre d’alcool, une femme seule, sans doute venue emmagasiner un peu de chaleur avant de retourner errer sans but dans cette petite cité aux remparts quasiment infranchissables. Aucun doute, les temps avaient changé. Et je ne pouvais m’empêcher de les envier, tous ces gens.

Car ce n’était pas vraiment par choix que je reprendrai la route dès demain matin, accompagnée de mes deux compagnons d’infortune que je n’avais pas non plus choisi. C’était malheureusement le destin de la centaine de bannis qui, comme nous, battait des kilomètres de campagne sauvage et désertique pour tenter de liquider les créatures qui y avaient, depuis maintenant 8 ans, élu domicile. Que pouvions-nous faire d’autre ? Cette cambrousse hostile était maintenant notre seule maison, et nous n’avions aucune autre perspective d’avenir que celle de la conquérir, massacre après massacre.

Nous étions des bannis, et nous n’appartenions plus à ce monde maintenant protégé de l’extérieur.

Le serveur arriva enfin, et je m’efforçai de sourire, comme pour camper une nouvelle fois le rôle de la personne avenante que j’étais alors. Car dès demain, notre humanité disparaîtra à nouveau, peu à peu, inexorablement rongée par notre condition de sous-hommes, dans cette nouvelle société qui nous a exclu.

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2 Commentaires

  1. Pourquoi ils ont été bannis ?
    Elles sont comment les créatures ?
    Avec quel type d’arme on peut les massacrer ?
    Qu’est-ce qui s’est passé huit ans auparavant ?
    Ont-ils déjà un territoire à eux après toutes ces batailles ?
    Quand c’est la suite ?
    Merci !

  2. Bravo pour ce texte qui bascule doucement au fur et à mesure que les choses se précisent, tout en laissant place à beaucoup de propositions du lecteur. Joli exercice d’écriture.

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