Liste des participations (article mis à jour au fur et à mesure)
Archives de l’Auteur: Alizarine
Lettre à ma famille Burkinabé
Par Dom
J’espère que vous allez bien et que le dernier paquet que je vous ai envoyé (avec les lunettes pour Papa (don du secours Populaire) lui permettent maintenant de lire un peu le journal et que Maman a moins mal aux genoux grâce à la pommade (cadeau du dispensaire, j’avais mal au poignet, mais maintenant c’est fini, je n’en ai plus besoin.)
Comme je vous l’ai écrit dans ma dernière lettre, avec mon copain du Mali (celui que j’ai rencontré au Centre de détention, et avec qui j’ai partagé la chambre au Foyer, un peu plus tard, vous vous souvenez de lui ; il s’appelle Sambo), on a décidé, maintenant qu’on a la carte de séjour, d’ouvrir un petit commerce.
Sambo, il voulait qu’on fasse les films vidéo piratés, ou les CD piratés aussi. Mais moi, je n’ai pas marché. Pas envie d’avoir des ennuis. Mon projet c’est plutôt le culturel. Tu te souviens Maman, que j’aimais tellement lire que M. Toussaint, l’instituteur, me disait que je finirais maître d’école, comme lui. Mais vous savez bien, comme moi, que les circonstances n’ont pas été favorables. Bon, on n’y peut rien.
Alors, je vous explique comment on s’est lancés : ici les gens sont riches, il y en a même qui consomment de la viande plusieurs fois par semaine. Une de leurs occupations est d’acheter dans les « brocantes » des objets que d’autres personnes ne veulent plus chez eux. Et après, ils organisent un « vide-grenier » pour revendre à leur tour ces objets, parce que ça prend beaucoup de place et ça ne sert à rien. Parmi tous ces objets, il y a beaucoup de livres : vieux, abimés, jaunis. Quand j’ai vu que pour quelques euros, on pouvait remplir la camionnette de Sambo, je n’ai pas hésité. (Il y avait même des livres d’école : j’ai pensé à toi, petite sœur, obligée à partager ton unique manuel scolaire avec les trois petites voisines…)
Sambo, Kader et moi, on a passé plusieurs jours à bricoler des étagères avec des palettes récupérées sur un chantier. (Oui, ici, si personne ne prend les palettes, les ouvriers les brûlent, ils brûlent aussi les cartons, ils jettent les pneus et même les vieilles voitures…) On avait tellement pris de bois qu’on en a eu assez pour construire deux tabourets, comme ceux que vous avez devant la maison, où Papa et Maman s’asseyent pour passer la soirée au frais.
Une fois qu’on a eu l’autorisation de la mairie, (la mairie, c’est un peu l’assemblée des notables, ils discutent pour savoir si on peut construire sa maison à un endroit, ou bien si on peut s’installer pour vendre sur la voie publique, ou si on doit faire la manche ; ou bien si on a le droit de ramasser, au marché, les légumes et les fruits que les marchands jettent aux ordures et qu’on peut, à mon avis, tout à fait consommer ; c’est comique, mais quelquefois, on n’a pas le droit !) Quand on a eu l’autorisation, donc, on a mis nos étagères sur un trottoir, à côté d’un beau parc qui me rappelle le parc central d’Ouagadougou avec des grands arbres qui font de l’ombre. Bien sûr, en hiver, il faudra imaginer des abris en toile imperméable pour éviter que les livres s’abiment encore plus. Et pour nous aussi. Mais d’ici l’hiver, on aura peut-être gagné assez d’argent pour s’offrir une baraque en préfabriqué. Quoique pour l’instant, c’est pas terrible, ce qu’on gagne. Je ne sais même pas si on ne devrait pas donner congé de la chambre et dormir dans la camionnette. Ça ferait des économies et on pourrait surveiller la marchandise. (J’espère que les notables de la mairie n’y verront pas d’inconvénients. Après tout, ça ne dérange personne.)
Par le même courrier, j’envoie aussi les nouvelles à Nestorine. Ainsi que la photo, la même que la vôtre. Comme ça elle pourra la montrer au petit, quand il grandira.
C’est bien dur d’être si loin de ses vieux !
Et d’être loin de tous ceux qu’on aime….
Mais, comme disait M. Toussaint, le Burkina Faso, c’est la République des hommes intègres. Des hommes courageux.
Votre fils qui pense à vous.
PS : Sois tranquille, Maman, je ne ferai pas la manche. Et toi Papa, occupe-toi de Nestorine et du petit. Il faut que cet enfant sache à quelle famille il appartient.
Les chutes et les ombres
Par Filamots
Assis, sous le soleil du printemps, Patrick se dit qu’il lui faudrait bien un jour devoir se séparer de tous les livres qu’il exposait à cet endroit depuis autant d’années. Son père, le père de son père et ainsi de suite perpétuait cette tradition sur la place de ce village tous les dimanches matins.
Il soupira et se sentit triste de devoir se séparer de tous ses amis.
Au départ il ne se préoccupait d’aucun. A force de les côtoyer, il avait appris à mieux les connaître. Cela c’était accompli insidieusement, un peu malgré lui.
Ils se parlaient, échangeaient des idées pour lesquelles ils auraient pu mourir.
Ils partageaient les amours de l’un. Les aventures de l’autre.
Il avait fini par rentrer dans le cercle très fermé de tous ces mystères appelés communément par le nom masculin
de : livre.
Chaque objet était la propriété d’un auteur. C’était avec lui que chaque jour Patrick apprenait, écoutait les confidences au détour de la page.
Un matin ensoleillé, il avait rejoint l’ombre d’un arbre. Il rêvassait à l’avenir, à sa future reconversion, il avait eu une proposition, devenir éditeur.
Soudain un grand brouhaha. Il se lève ou plutôt court vers la clameur qui enfle. Stupéfait, il s’arrête devant son étal.
- bon dieu se dit-il que se passe t- il ici ?
Les voix s’exprimaient et sortaient de toutes parts, à sa gauche, devant lui, près du sol.
- Nous ne voulons pas partir ainsi. Donne-nous un délai Patrick disait un ouvrage broché de cuir. Je me sens bien à côté d’Emile Zola, Balzac, Alain Fournier, Stefan Zweig pour ne citer que ceux qui sont proches de moi.
Le soleil avait quelque peu tourné et les ombres jetées par les feuilles s’étendaient sur d’autres ouvrages. Ils s’enflammaient emportés par les autres propos de Hergé de Schuiten, deux univers si opposés de la bande dessinėe. Goscinny en tête, ainsi que Peyo, même Pennac de ses derniers dessins si particuliers se joignaient aux autres.
- Voyons Patrick que t’arrive t-il ? Tu ne veux plus rester en notre compagnie ?
- Bien entendu que oui, mais aujourd’hui je dois penser à l’avenir. L’Europe va mal et je crains que nous devions nous aussi subir les secousses économiques de ces pays. Ici sur notre île, la vie est encore simple et belle. Vous me donnez de quoi vivre décemment. J’ai reçu une proposition ou je ne devrai plus me lever si tôt. Veiller sur vous contre les voleurs de toutes sortes qui sévissent partout. Je suis fatigué, si las !
- Ah ! C’est donc cela dit Freud coincé entre Lacan et Cyrulnik. Le premier lui proposa son divan et le dernier lui dit au contraire qu’il avait confiance et rebondirait.
Il y eut une grosse bourrasque. Tous les ouvrages sortirent de leur emplacement et tournoyèrent autour de l’homme éberlué, apeuré. C’est que la révolte semblait gronder au sein des rangs qui s’étaient organisés. Ils encerclèrent l’homme. Ils s’étaient tous rangés côte à côte, serrés l’un conte l’autre. Pas un interstice entre eux. Au milieu, l’homme pris sa tête entre les mains et ne prononça qu’un seul mot :
- Pardon !
Le groupe s’approchait, se resserrait de plus en plus près. Il aperçut Tatiana de Rosnay une petite dernière, mais aussi Poe, Ellory, Azimov et Stéphan King. Il prit peur. Malgré la chaleur, il sentit poindre en lui une profonde angoisse mêlée à une solitude immense.
- Monsieur ! héla une voix féminine venue de très loin.
- Monsieur vous allez bien ? Une main se posa sur son épaule en le secouant légèrement, venez vite !
- Que se passe t-il encore répondit-il d’une voix irritée. Que me veulent- ils ?
- Je ne comprends pas ce que vous me dites, mais venez voir par vous même.
Elle l’entraîna vers le siège resté vide. A terre se trouvaient tous les livres qui lui appartenaient sans dessus de sous.
- Il y a eu un coup de vent et voilà le résultat reprit la dame d’un air rempli d’empathie. Vous saignez de la tête Monsieur. Sans doute la branche qui se trouvait à vos côtés. Vous l’avez échappé belle.
- C’est donc cela soupira Patrick, presque soulagé. Et continua dans un murmure :
- c’était donc cela ? Ça alors ! J’aurais pu croire…….mais il ne finit pas sa phrase.
- allo dit la voix féminine, allo ? Pouvez-vous envoyer une ambulance ? Un homme est blessé. Il est si incohérent. La tempête sans doute. Merci.
Le petit voleur de BD
Par Oncle Dan
Je suis libraire…
Peut-être ne devrais-je pas dire libraire car ma boutique, c’est la rue. J’expose les livres que je vends sur des étagères posées sur le trottoir.
Attention, je ne vends pas n’importe quoi. Ha, ça, non ! Que des vieux livres d’occasion, hors d’âge, que les gens m’apportent pour faire de la place dans leur grenier. Je vends beaucoup de livres de poche à la tranche jaunie et à la couverture cornée, mais aussi d’anciennes collections dorées sur tranche et des revues d’après guerre. Je possède quelques pépites pour qui sait les trouver. Naturellement, je les protège dans des chemises en plastiques car ma boutique n’est pas à l’abri de la poussière, et quand il pleut, je dois vite recouvrir les étagères de bâches en plastique pour éviter la catastrophe.
Mais le pire de mes ennemis, ce n’est pas l’orage, ni même l’hiver bien que ma boutique ne soit pas facile à chauffer. Non, mon pire ennemi, c’est le petit voleur de BD. Je l’ai vu s’enfuir un jour avec un Journal Robinson sous le bras. Une petite fortune pleine d’histoires de Flash Gordon et de Mandrake du début des années quarante. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un enfant ou d’un asiatique. Je me trompais. J’ai réalisé mon erreur lorsque cet odieux personnage a renouvelé son forfait en emportant un numéro très rare de Targa de 1948, avec des dessins de couverture de Georges Estève. D’accord, les dessins sont laids et les histoires bâclées mais quand même, il n’est paru que trente neuf numéros de Targa, ce qui leur confère une valeur certaine.
J’ai alors compris que mon voleur était un nain. Sans doute un nain frappé d’hépatite virale, ce qui m’avait faire croire à un asiatique. Impossible de rattraper un nain qui se faufile partout. Surtout celui-ci qui était particulièrement petit. On sait que lorsque les nains se mêlent d’être petits, ils le sont à défier les plus puissants microscopes ; mais quand ils se mêlent d’être méchants, détail moins connu, ils le sont jusqu’à la témérité. Et pas de doute possible, celui-là était particulièrement méchant. Quelques semaines plus tard, il est venu chaparder un numéro de Petits Moineaux de 1950, avec deux aventures, une de Marc le Trappeur et une autre de Bob de Sumatra. Alors là, j’ai dit trop c’est trop, et j’ai fait appel à deux copains pour surveiller mes étagères, un à chaque extrémité.
Croyez-moi si vous pouvez, mais ce sinistre nabot, voyant qu’il ne pouvait plus voler mes BD, a trouvé le moyen de dérober ma chaise pliante et je suis obligé à présent de m’asseoir sur une vieille caisse. Il est certain que j’ai affaire à un nain qui refusera toujours d’admettre qu’il n’est pas à la hauteur.
Par Toxiclectrice
Je m’appelle Jules, profession globe trotteuse, journaliste et lectrice. Je sais ça fait beaucoup pour une présentation, j’aime avoir plusieurs cordes à mon arc , ça peut-être utile (surtout lors des dîners de Monsieur l’Ambassadeur). J’ai une préférence pour les pays chauds, les biographies, les romans policiers et à chaque fois que je reviens à Conakry, je sais que je vais retrouver Simon et sa librairie à ciel ouvert. Je sais qu’il m’attend avec impatience (parce que oui je suis une de ses fournisseuses de livres et c’est que Simon est exigeant: du récent ou alors en bon état ), je vais le trouver sur son tabouret , dos à la rue .
Mais qui est Simon à part le libraire de Conakry ? Un ancien instituteur,un long passage en France mais à qui a préféré rentrer au pays pour aider les siens. Il est bavard Simon,attachant, un sacré caractère (ne lui parler pas de Platon ), drôle. De longs échanges à chaque fois, un café bien serré et nous voilà à refaire le monde littéraire. Le temps passe, les clients s’attardent. Simon n’a pas d’horaires, moi aussi . Je reviendrais bientôt promis Simon. 3 mois après, j’ai su Simon était partit au paradis des libraires. Son petit-fils Antoine à pris le relais. Peut-être que je m’arrêterais et on refera le monde.
Le curieux paradoxe de la cacahouète
Par Monsieur Normal
Pas de marche arrière possible. J’ai vendu, jeté, emballé, donné tout ce qui m’appartenait le jour où j’ai enfin décidé d’entreprendre ce voyage… sans un instant imaginer alors à quel point plus rien ne serait jamais comme avant. C’est en posant pour la première fois le pied sur cette terre étrangère que j’ai clairement senti que la déchirure était accomplie, la rupture totale. Aucun retour envisageable. Le coincé, le lâche terrorisé par le moindre changement, le casanier, le routinier, le frileux, celui que je croyais être s’était éloigné. La mue morte abandonnée sur le bord de la route disparaît par la fenêtre. J’ai tourné la tête, regardé ailleurs. J’ai vu autre chose, j’ai découvert quelqu’un d’autre. Celui que je quittais n’était pas moi, juste un rôle qu’il me paraissait pratique de jouer. Je me demande encore comme j’avais pu m’ankyloser sur ce personnage ? Ça rassurait un peu tout le monde, et moi en premier qui avait fini par arrêter de me demander tous les matins en chancelant devant le miroir de la salle de bain :
- Bonjour, mais qui es-tu aujourd’hui ?
Je m’étais persuadé, dans cette autre vie, que c’était moi, cette tête blasée, mal réveillée. Je trouvais ça normal vu qu’une autre journée pourrie recommençait. Tout était raccord. Je voyais l’univers entier tristement morose et immobile sans m’étonner une seconde d’être quand même obligé de courir toute la journée pour rester dans le cadre.
Je n’avais pas complètement tord, quelque chose ne bougeait pas. Mais ce n’était pas le monde autour de moi, c’était moi, le gesticulant immobile.
- T’es sûr que ça va, tu vas pas faire une connerie au moins ? S’inquiétaient mes amis quand je tentais de trouver en eux un appui, l’ultime validation de mes choix singuliers, un poids supplémentaire pour m’aider à boucler la vieille malle pleine de mes vieilles habitudes qui peinait à se refermer, qui rechignait à se voir stockée au grenier que personne ne visitait.
Maintenant je comprends mieux leurs réticences, c’est qu’ils étaient eux-même compris dans l’inventaire de ce bagage restant. Je n’osais partager avec eux cette réflexion tordue :
- Et si planter solidement en terre les piquets de notre indéfectible amitié, c’était vouloir conforter nos choix, symboles bancals du statut d’individus libres, conscients et autonome en oubliant vite qu’entre ces piquets, on pouvait aussi tranquillement baliser un pré carré de barbelés ? Ce que j’aurais appelé l’identité prison qui isole plus qu’elle ne défini.
Mais je n’arrivais jamais à partager ces hypothèses, tentatives de réflexions. J’avais toujours eu du mal à parler la bouche pleine, pleine de ces poignées de cacahouète que j’ingurgitais lors de la plus haute de nos activités humaines, l’apéro. Je souriais seul, c’était la nourriture préférée de nos cousins les primates.
- Ben qu’est-ce que t’as à te marrer la bouche pleine ?
- C’est à cause du curieux paradoxe de la cacahouète !
- ???
- Non, rien, juste une connerie au taf aujourd’hui…
Le taf aujourd’hui, le taf aujourd’hui, le taf aujourd’hui…
Cette phrase résonne dans ma tête, tourne en boucle en grossissant. C’est comme une lame de fond qui monte de l’inconscient. Pire, il me semble l’entendre vraiment, de l’extérieur de moi-même ! Le taf aujourd’hui, le taf aujourd’hui !
Mais taisez-vous !
Par qu’elle magie me parle-t-on ?
- Hé ! T’as pas du taf aujourd’hui !
- Hein ??? Je… Quoi ?
- Non…! Tu dormais devant ton écran ?
- Mais… Heu… Ah ! Non pas du tout, non non, t’as tout faux, je réfléchissais au choix de l’illustration de demain.
- Tu dormais !
Punaise, faut que j’arrête de mater les photos de Chouyo au bureau moi.
Vont finir par me virer…
Allongée, alanguie…
Par EasyLeChaton
Allongée, alanguie, alourdie par la chaleur, je l’observe. Il n’a pas bougé. Moi non plu. Il les observe. Je les observe. Que peut-il bien attendre? Qu’attend-je? Allongée, alanguie, fatiguée, mollement couchée les yeux mi-clos. J’attends. Il m’a gardé un banc à côté de lui. Mais il fait si beau que le pavé bitumé d’habitude triste à souhait est aujourd’hui blanc de clarté, de lumière et de propreté qui donne envie de s’y coucher. Il fait si chaud que bouger est un luxe que ni lui ni moi n’envisageons. Le soleil au zénith retient les insectes qui pour quelques heures accordent leurs chants à la mélodie du silence. Le silence. Il a tout envahi et gagne sur la chaleur, sur la blancheur et sur le bruit. Il est maître des lieux. Pauvre vieux, pauvre de moi, prisonniers volontaires retenus en plein air. Forçats de l’été enfermés dans cette chaleur, dans cette moiteur, exilés du mouvement réduits au silence, voilà ce que nous sommes. Voilà, où ma curiosité va me mener. Voilà les conséquences de cette quête absolue de vérité. Heureusement, l’été ne dure que quelques heures. La douceur de l’après-midi finit par s’immiscer doucement entre lui et moi. Les ombres s’allongent emportant avec elles la forte chaleur. Levant la torpeur, elles ramènent la fraîcheur du soir. Si ce n’est vraiment de la fraîcheur il s’agit au moins du petit vent qui annonce la soirée. Allongée, alanguie, rafraîchie par l’air du large, je l’observe. Il n’a pas bougé. Moi non plu.
Il est l’heure, il se lève, je le suis. Il bâche les ouvrages. Je lisse mon pelage. Il se tourne, je ronronne. Nous rentrons. Notre maison est là. Derrière les lourdes étagères, faite de murs de livres et d’un sol en carton. Il prépare à manger. Nous dînons. Un plat froid. Servi à même la conserve, ce poisson est un met délicieux. Il s’assied, prend un livre. Fini plus d’ ouvrages à surveiller, juste quelques lignes à savourer. Juste quelques mots à caresser. Juste quelques phrases en mémoire pour lui tenir compagnie demain. Allongés, repus et heureux,nous attendons la nuit qui emportera la dernière raie de lumière, la dernière ligne de lecture. Et l’obscurité ramènera les insectes et leur chants.C’est la vie qui revient en berceuse à nos nuits.
Alors, allongée, ronronnante, caressée, je l’observe car demain je le sais, je serai là, allongée, alanguie, alourdie par la chaleur à l’observer.
Par Petitgris
Un square boisé dont les troncs laissent deviner une blanche construction dans le lointain. Le soleil met des reflets dans le vert des feuillages. A même le sol, des étagères lourdes de livres sont posées sur le trottoir. A l’ombre, sur la chaussée, deux tabourets. L’un est vide, l’autre occupé par un homme assis. De dos, nous apercevons les jambes croisées et un bras, main pendante. L’atmosphère est douce, sereine , calme…trop calme. Cet homme se dit : ” Mais qu’est-ce que je fais là ? Si seulement je savais lire …”
Plus un qui font huit
Les pieds dans les cartons de livres et les mains sur le clavier, Chouyo nous propose la photo de notre huitième jeu d’écriture(s) !
Nombreux sont ceux qui connaissent le principe et les règles mais les nouveaux étant toujours les bienvenus, je rappelle les principes du jeu.
A partir de cette photo, toute personne qui le souhaite écrit un texte. L’auteur(e) adopte la forme et le style qu’il veut, les seules contraintes sont de s’inspirer de la photo et de produire un texte d’une longueur raisonnable pour un article de blog.
Toutes les participations seront réunies sur ce blog. Pour cela :
- Vous avez un blog ? Vous êtes invité à publier sur votre propre blog votre texte, la photo, un lien vers le blog de Chouyo et un autre vers le blog à 1000 mains. Pour signaler votre participation, vous pouvez soit laisser un commentaire sous cet article, soit envoyer un mail à l’adresse a1000mains@gmail.com (pas les deux, s’il vous plait, je me perds vite sinon…) Si vous ne voulez pas, pour des raisons que l’on ne vous demandera pas, publier le texte sur votre blog, rendez-vous au paragraphe suivant.
- Vous n’avez pas de blog ? Envoyez votre participation par mail à l’adresse a1000mains@gmail.com. Merci de donner un titre à votre texte (ou de préciser que vous souhaitez qu’il reste sans titre) et le nom ou le pseudo que vous voulez voir apparaître en ligne.
N’oublions pas la formule rituelle : ce jeu d’écriture(s) n’est pas un tag, pas un concours, surtout pas une compétition littéraire. Il s’agit de mettre en commun nos envies d’écrire, nos inspirations, nos idées, nos textes.
Ce blog vit de vos textes mais également de vos commentaires, que vous ayez proposé un texte ou pas, de vos réactions et de vos interactions.
Nous sommes le 9 mai. Ce jeu se terminera le 6 juin.
Je suis seule à assurer la partie technique (récupération des textes, créations des liens, modérations…) alors je vous demanderai un peu d’indulgence sur le délai pour la publication de vos participations. N’hésitez pas à m’écrire pour toutes questions, suggestions, opinions, et autres rimes en -ion.
Avant de terminer, j’écris ici un premier MERCI Chouyo, qui n’est que le premier du longue série, pour cette photo !
Bon jeu à tous !
(Tout le monde est invité à prendre connaissance de la charte d’utilisation avant de se lancer.)