Par Gabrielle
Le temps passe, et l’on change.
Je suis elle, je suis timide, je suis sage, je suis invisible.
Je suis changeante.
Je suis folle, je me dévoile, je suis moi, je suis folle, et je m’en moque.
Est-ce qu’on reste humain jusqu’au bout ?
Je veux dire, est-ce qu’il n’y a pas un moment, où l’on est trop plein ?
Trop plein de vie, trop plein d’images, trop plein de sentiments, trop plein d’envies.
Et l’on ne peut plus rien prendre, plus rien encaisser. Et plus rien donner.
Un moment où l’on devient intransigeant, à la longue.
Où l’on ne peut plus faire semblant. Où l’on n’a plus envie de jouer ce même rôle, toujours.
Un moment où l’on se recule un peu, et en s’observant face aux autres, on décide d’être égoïste, et de ne plus tout pardonner, parce que c’est trop facile. Il semble qu’on voit mieux les choses.
Vivre pour soi. Décider de passer d’abord.
Froidement.
Est-ce qu’en continuant d’avancer, on revient en arrière ?
Est-ce qu’on finit par redevenir humain ? Est-ce que ça arrive, comme ça, un jour ?
Il suffirait peut-être d’un regard qui s’arrête, et qui s’intéresse et surtout, qui reste. Un regard heureux, qui communiquerait sa chaleur. Est-ce qu’on finit par nous voir ?
Ou bien faut-il se forcer ?
Se donner une apparence, un vernis de surface, un sourire. Parler fort et rire aux éclats, se montrer insouciante. Finit-on par oublier, est-ce que le bois s’imprègne du vernis ?
Je suis nue. Froide.
Je change, je sais, je rêve, je suis folle.
Je suis elle et je suis toutes ces femmes.
Je suis face à vous.
Mais personne ne les voit.

J’aime le rythme de ce texte.
Alors, d’après mes souvenirs d’ébénisterie, le vernis se craquelle, s’effrite, s’épluche, se détache et tombe en poussière mais reste toujours en surface extérieur. Par contre, si il est de très bonne qualité et le bois un peu trop jeune (ou fraichement coupé) il est possible que le vernis étouffe le bois en l’empêchant de respirer. Une belle poutre n’a besoin de rien d’autre que de rester apparente, toute nue, bien aérée et avec une bonne exposition lumineuse.
Je crois qu’il vaut mieux une bonne série de questions qu’une réponse trop fermée mais sur les problèmes techniques ne restons pas de bois.
L’exercice était corsé pour toi, puisqu’il s’agit de ta propre photo. J’aime l’atmosphère de ton texte et comme Olivia, son rythme.